Les projets

Typologie des instruments politiques d'adaptation de l'agriculture au changement climatique

2019-2021

Marie Hrabanski

Le projet TYPOCLIM (Typologie des instruments politiques d'adaptation de l'agriculture au changement climatique) est un projet I-SITE MUSE. Ce projet interdisciplinaire est coordonné par Marie Hrabanski (Artdev, CIRAD) et porte sur l'analyse des instruments qui cherchent à promouvoir l'adaptation de l'agriculture au changement climatique. Le projet rassemble plus d'une trentaine de chercheurs issus  de plusieurs UMR montpelliéraines (UMR Artdev, Innovation, G-EAU , CEPEL, Hortsys, CEE-M) et Universités et centres de recherches internationaux (Université de Pretoria, Université de Rio et Brasilia, ISRA-Bame Sénégal, CIAT, Université de Davis, Université des Antilles). Le projet a commencé en janvier 2019 et se terminera en décembre 2021.
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Partenaires du projet : ARTDEV, INNOvation, G-EAU, Hortsys, CEPEL, CEE-M

Projets pour le littoral

2018-2020

Alexandre Brun

voir le site dédié

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Tout l’enjeu pour la gouvernance locale consiste à mieux prendre en compte l’évolution du trait de côte dans les politiques publiques, de faire des choix d’urbanisme adaptés et cohérents et de prévoir sur le long terme les conséquences de ces choix (ONERC, 2015). Il est ainsi question de relocaliser une partie des enjeux à l’écart des zones les plus exposées au risque de submersion marine.

DTAL – Développement territorial et autonomie locale en France et en Lituanie

2013-2014

L’introduction des démarches de développement territorial est un processus qui concerne aujourd’hui la plus grande partie des pays européens. Alors que la mise en œuvre du développement territorial, en tant que politique publique, remonte déjà à près d’une trentaine d’année en France, il ne prend seulement place dans les pays de l’Europe centrale, et notamment en Lituanie, qu’au lendemain de réformes politico-administratives qui ont radicalement transformé le mode de gestion territoriale de ces Etats. A l’Ouest comme à l’Est du continent, ces réformes plus ou moins fortement ancrées dans les territoires et dans le temps ont procédé à une réorganisation territoriale des Etats. Réalisées par étapes successives, avec de profonds décalages dans le temps, et sur des structures administratives très différenciées aux quatre coins du continent, les réformes qui ont abouti à l’établissement/rétablissement de l’autonomie locale et parfois à la régionalisation (à partir des années 80 en France, et seulement au lendemain du changement de système dans les territoires de l’Est) ont fait l’objet de nombreuses études. Ceci dit, dans ces études, tous les niveaux infra-étatiques n’ont pas retenu la même attention, l’essentiel des publications ayant souvent trait à la régionalisation alors que le niveau local est demeuré, aussi bien en France qu’en Lituanie, un objet d’étude relativement négligé.

Notre projet se démarque des recherches précédentes portant sur la régionalisation et la politique régionale. Il se focalise sur la mise en œuvre des politiques de développement territorial au niveau local (infrarégional) en France et en Lituanie. En tant que composante intrinsèque du processus d’européanisation, ces politiques de développement territorial peuvent être appréhendées comme un cas de transfert institutionnel. Le projet a pour objectif de s’interroger sur les conditions de réception et d’apprentissage par les acteurs sociaux d’un modèle de développement élaboré dans un contexte politique et social différent de celui auquel il s’applique et dans des territoires aux modes de gestion et d’organisation très différenciés. Quelle est la part des processus endogènes et des pressions exogènes dans l’expérimentation de ce nouveau modèle ? Quels en sont les effets sur les modes de gouvernance et de structuration des territoires ? Les dynamiques observables vont-elles dans le sens recherché par les politiques de développement ? Ces questions revêtent clairement une portée théorique mais elles ne peuvent trouver réponse que dans le cadre d’une approche empirique rigoureuse procédant d’une méthode comparative raisonnée. Le projet associe des chercheurs français et lituaniens qui ont apporté la preuve par leurs travaux (thèses de doctorat et publications) de leur capacité à explorer le terrain en France et en Lituanie. Le projet prend appui sur les acquis des recherches antérieures pour procéder à la sélection des lieux d’observation.

1. Un chantier de recherche : l’émergence de nouveaux modes de gouvernance territoriale. Approche comparée France/Lituanie

La France dès les années 80 et la Lituanie après le changement de système politique, social et économique, ont connu, à des degrés très divers de vastes processus graduels de réformes des principes et des structures de l’administration publique territoriale. Aux divers niveaux infra-étatiques, de nouvelles logiques (plus ou moins anciennes) d’encadrement et de gestion des territoires se mettent en place dans le cadre d’une géographie administrative encore incomplètement remodelée. Dans les deux pays, dans un souci de pragmatisme, les réformateurs ont cherché à concilier un mode de construction endogène des institutions liées à la démocratisation, respectueux des traditions nationales et des maillages historiques, avec les influences exogènes et les pressions adaptatives découlant des instances européennes dans le cadre des politiques de développement régional. A l’Est comme à l’Ouest, devenue la valeur de référence, la démocratie politique relève d’une construction globale impliquant une nouvelle manière de penser le pouvoir, avec l’affirmation du rôle des collectivités territoriales de plein exercice, et de mobiliser l’action collective en encourageant les partenariats. La notion de « gouvernance territoriale » rend compte de ces nouvelles démarches de l’action publique qui s’inscrivent dans un univers multi-acteurs et multi-échelles (communes, microrégions, départements, régions). A la rencontre des politiques européennes et nationales, mais aussi d’initiatives ascendantes émanant des acteurs locaux (élus, animateurs de projets, etc.), de nouvelles formes de structuration des territoires ruraux participent de ce changement du mode de gouvernance des territoires. Leur repérage et leur interprétation sont au cœur de notre projet.

2. Changement de paradigme territorial

A des rythmes et selon des modalités divers, un changement de paradigme de la politique de développement territorial s’est opéré en Europe occidentale dans les années 1980. Ce constat s’applique tout particulièrement aux territoires ruraux. D’un paradigme du développement agricole fondé sur la modernisation des structures, l’intensification et la spécialisation de la production (le modèle productiviste), on est passé à la formulation d’un nouveau paradigme du développement intégré et durable depuis plus d’une décennie (déclaration de Cork, 1996). Le changement du discours politique dominant traduit une rupture des approches conceptuelles et des pratiques, avec le passage d’un mode de développement centralisé et exogène à un mode de développement décentralisé et endogène (fondé sur des initiatives et des ressources locales) et impliquant de nouvelles formes de gouvernance. Prenant le pas sur les approches à visée théorique, des travaux à caractère empirique ont multiplié les analyses de cas portant sur les expériences de développement local entreprises dans le cadre des politiques publiques destinées à les impulser. Avec un temps de décalage, à l’initiative de l’UE, ces politiques publiques sont étendues aux nouveaux Etats membres et notamment en Lituanie. Dans ce pays, les politiques publiques inspirées par l’UE ont fait irruption sur des scènes politiques et sociales bouleversées par les chocs de la transition politique et économique, et plus récemment, par les effets de l’élargissement. Le décalage n’est pas seulement d’ordre temporel et ne saurait se résoudre par la rupture avec le passé et la liquidation des héritages institutionnels. Les processus de démocratisation et de décentralisation politique imparfaits et surtout incomplets impliquent une adaptation structurelle. Le transfert de modèle institutionnel n’est qu’une forme extrême de cette dernière exigence.

Globalement, qu’il s’agisse de la politique agricole commune (PAC) ou de la politique régionale, la mise en œuvre des politiques européennes se présente comme un acte « d’importation de modèles politiques au sein de sociétés données, d’un modèle ou d’une pratique de nature politique, économique et sociale, forgé et inventé dans une histoire qui lui est étrangère et qui relève d’un ordre social fondamentalement différent » (B. Badie, La fin du territoire). Cela pose la question de la nature et des modalités du transfert, ainsi que des agents qui y participent. On peut schématiquement distinguer deux modalités de transfert. L’une, de type contraignant et normatif, porte sur un apprentissage institutionnel soumis à des dispositifs juridiques et réglementaires. L’autre, volontaire et souple, recherche l’harmonisation en vue de promouvoir un apprentissage social portant sur les idées, les pratiques et les méthodes de montage des projets. Cette deuxième modalité de transfert correspond à la logique d’un développement présenté comme l’émanation des initiatives locales. Qu’en est-il à présent des politiques et des programmes européens destinés à promouvoir le développement territorial aux niveaux infra-étatiques, et plus particulièrement au niveau local et micro-régional ? Dans les territoires français et lituaniens, de quelle manière progresse la diffusion d’un modèle de développement dont la conception (souvent sur le modèle occidental) et l’expérimentation renvoient soit à des contextes sociaux et économiques familiers, notamment pour la France, soit étrangers, notamment pour la Lituanie ?

3. Le choix d’une entrée prioritaire par les programmes LEADER

Pour appréhender la thématique de recherche sous un angle concret, on a choisi de privilégier la mise en œuvre du programme « LEADER 2007-2013 » (Liaisons entre actions de développement de l’économie rurale) par ces deux pays. Un bref rappel de la genèse de cette initiative européenne s’impose. Décidée en 1991, au sein de la Communauté Economique Européenne, l’initiative LEADER I (1991-1993) a permis de dynamiser des initiatives locales souvent novatrices dans des territoires ruraux ayant des difficultés structurelles, économiques et démographiques. Le programme LEADER II (1994-1999) a pris le relais et s’est orienté vers des actions nouvelles, ciblées sur des thématiques plus originales. L’un des objectifs poursuivis concernait les échanges d’expérience et le transfert de savoir-faire au travers d’un réseau européen de développement rural. Il s’agissait d’appuyer des projets de coopération transnationale émanant des acteurs locaux des zones rurales. Des mesures de type LEADER+ et des actions pilotes ont été incluses dans la programmation du développement des zones rurales de chacun des pays concernés. Leur mise en œuvre ne s’est pas toujours avérée concluante, comme l’indiquent les entretiens que nous avons eus dans les différents pays.

  • Conforter un réseau de chercheurs européens travaillant sur les problématiques du développement rural et de ses conséquences sur les modes de gouvernance locale. Ce réseau intègre déjà un certain nombre de chercheurs dans une partie des territoires de cette Europe balte.
  • Développer l’analyse comparative et fédérer un certain nombre de chercheurs « ruralistes » autour d’un projet novateur par son envergure spatiale (échelle européenne) et ses ouvertures disciplinaires (géographes, économistes, sociologues, aménageurs). Cette démarche s’inscrit parfaitement dans le cadre des orientations scientifiques de l’Union Européenne en matière de recherche sur les dynamiques régionales et territoriales, et notamment dans le cadre des politiques de développement régional.
  • Travailler sur la mise en place de méthodologies communes (analyses quantitatives et qualitatives) et le comparatisme tout en bénéficiant des connaissances méthodologiques des différents partenaires étrangers.
  • Développer les partenariats franco-lituaniens dans le domaine de la formation en géographie, aménagement et gestion territoriale, et économie rurale.
  • Publier un certain nombre d’articles ou d’ouvrages en collaboration.

Coordinateurs du projet

  • Pascal CHEVALIER (Responsable France),
  • Jurgita MACIULYTE (Responsable Lituanie)

Financement du projet

  • Programme MAE EGIDE-Gilibert 2013-2014

Membres ART-Dev impliqués

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., géographe, MCF HDR, Université Montpellier III, UMR 5281 ART-Dev
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., économiste, MCF, Université Montpellier III, UMR 5281 ART-Dev
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., géographe, CR, CNRS, UMR 5281 ART-Dev
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., ingénieure statisticienne, CNRS, UMR 5281 ART-Dev

Partenaires à l’étranger
Université de Vilnius

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., géographe, MCF
  • Regina PRAPLESTIENNE, Professeur

 

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (Responsable France)
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (Responsable Lituanie)

Gesteau Litto

Gérer l’eau et les territoires sur un littoral lagunaire Approche comparée des étangs littoraux de Biguglia (Corse) et de l’Or (Occitanie).

2018-2019

Stéphane Ghiotti

Les lagunes méditerranéennes françaises sont des territoires spécifiques confrontés à des enjeux stratégiques en termes d’aménagement du territoire et de protection de l’environnement. Ces enjeux articulent plusieurs problématiques, environnementales (continentales, lacustres, marines), institutionnelles avec obligation de résultats (GIRE, GIZC, LEMA, multiples directives européennes) et politiques avec les différentes réformes territoriales (intercommunalités, décentralisation) (Ghiotti, 2014). Aux risques d’inondations, de submersion marine, de pollutions s’ajoutent les menaces sur la biodiversité, la nécessaire reconquête des continuités écologiques et du fonctionnement hydro-morphologique des cours d’eau littoraux. Or l’urbanisation rapide et la mise en tourisme soutiennent les logiques de développement économique et résidentiel augmentant la pression sur les milieux.

Programme d’alimentation des villes par l’agriculture familiale dans la province de l’Oudalan de la région Sahel du Burkina Faso

2012-2014

Ce programme fait suite à un partenariat déjà établi entre une association française (SIAD), une association burkinabé locale (ADECO) et une IMF locale (UCEC Sahel) qui ont antérieurement œuvré à la diversification de la production et des revenus par la microfinance dans l’Oudalan. De nouveaux partenaires, dont le CIRAD, se sont joints à cette équipe pour mettre en œuvre ce nouveau programme ciblé sur la filière oignon.

Il est construit autour de la mise en place d’une ESOP (entreprise de services et organisation paysanne – concept CIDR) pour améliorer les revenus issus de la commercialisation de l’oignon produit par plusieurs groupements de femmes à destination des marchés locaux et urbains.

L’intérêt et l’apport de l’UMR ART-Dev se situe au niveau de l’utilisation d’un outil de recherche mis au point avec l’appui financier du ministère français des Affaires Etrangères - le logiciel d’analyse des filières agroalimentaires (AFA)- au sein d’un dispositif de suivi-évaluation des effets du programme que l’unité anime. Habituellement cet outil est utilisé en formation.

  • Une ESOP a été créée et facilite l’approvisionnement en intrants, de bonnes conditions de stockage et la commercialisation groupée vers des marchés urbains rémunérateurs, pour environ 500 femmes ;
  • La production locale contribue à l’approvisionnement des centres urbains de proximité en oignons de qualité ;
  • Les revenus des productrices rurales de la province se sont améliorés et diversifiés ;
  • Les inégalités entre hommes et femmes sont réduites dans la zone ;
  • Le public d’Ile de France est sensibilisé aux enjeux du développement agricole en Afrique.

Coordinateurs du projet

Pierre Cuche, SIAD

Financement du projet

Fondation de France, Région Ile-de-France, CFSI, Peuples solidaires

Membres ART-Dev impliqués

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., économie, chercheur CIRAD

Membres d’autres laboratoires en France

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., SIAD (Service international d’appui au développement)

Partenaires à l’étranger
Burkina Faso

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., SIAD 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., ADECO 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., APME2A 
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  • Atelier extension du financement, 29-30 mai 2013, Kombissiri
  • Comité de pilotage du projet, juin 2013, Ouagadougou
  • Rapport Etude de référence du programme, Juin 2012 
  • Note de suivi-évaluation, Janvier 2013 
  • Rapports d’activités des partenaires
  • Dabat M.-H., Yoda F., Ouedraogo D., Zongo M., à paraître, « L’économie marchande profite-t-elle aux femmes ? Réflexion sur quelques filières agricoles au Burkina Faso », communication présentée au Colloque international Genre et agriculture familiale et paysanne, regards nords-suds. Débats entre mondes académique, du développement et de la formation, Université Toulouse le Mirail et ENFA, 22-25 mai, 12p ; Chapitre 22 de l’ouvrage coordonné par H. Guetat-Bernard à paraître aux Editions QUAE. 
    Résumé du chapitre : Les femmes cumulent plusieurs activités en Afrique de l’Ouest, souvent non marchandes ou non rémunérées : tâches domestiques, main d’œuvre familiale, activités individuelles vivrières ou qui procurent un revenu. Elles ont peu accès aux ressources productives et peu d’autonomie pour l’utilisation des revenus, ce qui les cantonne dans des activités économiques spécifiques. Leur insertion au marché peut être remise en question en cas de forte rentabilité, de conflit avec la tradition, ou de crise des activités masculines, comme l’illustrent plusieurs filières au Burkina Faso (lait, karité, poisson, maraîchage). Les activités marchandes ne profitent pas toujours aux femmes. Un projet de développement qui appuie la commercialisation de l’oignon au nord du pays, est utilisé comme laboratoire pour tester des outils de mesure et renouveler la réflexion sur l’évaluation des effets sur le genre dans les filières agricoles.

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Quels littoraux pour demain ?

2019-2021

Stéphane Ghiotti

L’objectif de cette recherche est d’analyser les projets de restauration des socio-éco-systèmes lagunaires du littoral méditerranéen à partir d’une approche établie sur l’étude de services environnementaux. Il s’agira d’interroger les liens entre gouvernances territoriale et environnementale en analysant la place de ces complexes lagunaires au sein des projets et stratégies des acteurs du territoire. La problématique est de savoir si l’approche en termes de services environnementaux est susceptible de créer les conditions d’une bifurcation dans les stratégies d’aménagement et de développement des territoires littoraux. Ces derniers sont marqués par des processus d’urbanisation et d’anthropisation multiples, facteurs de dégradation morphologique et qualitative altérant le fonctionnement de leurs zones humides. L’hypothèse principale retenue est que les mécanismes de compensation écologique dans le cadre de la séquence « éviter, réduire, compenser » (E-R-C) et la mobilisation d’un nouveau référentiel, « l’espace de bon fonctionnement » (EBF), sont des facteurs de changement. Quelles fonctions, pour quels services, pour quels projets de territoire ?

Les lagunes des étangs palavasiens, de l’Or (Occitanie) et de Biguglia (Corse) permettront de dresser un état des lieux comparatifs des projets de restauration, d’identifier leur caractéristiques et objectifs afin de dresser une typologie situant la place des milieux lagunaires au sein des projets de territoire.

Production agricole et sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest

2012-2014

En Afrique de l’Ouest, les statistiques nationales montrent que la production agricole a progressé de manière très nette dans certaines régions. Les rendements de céréales auraient plus que doublé en 50 ans au Burkina, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Ghana, au Nigeria, au Togo, alors même que la surface de céréales progressait dans ces pays (cf. exemples en annexe). Si ces accroissements touchent toutes les céréales y compris le mil et le sorgho, ils ne sont ni linéaires dans le temps, ni homogènes dans l’espace (Bricas, Zoungrana, ThirIon, 2010). Par ailleurs, ces progrès de la production ne semblent pas empêcher la progression du nombre de mal nourris en Afrique de l’Ouest (FAO). Aujourd’hui, nous n’avons pas de vision d’ensemble des dynamiques de production agricole en Afrique de l’Ouest, nous n’avons pas d’explications convaincantes des différences dans les dynamiques observées, et nous ne savons pas si ces dynamiques contribuent à résoudre les risques d’insécurité alimentaire. L’objectif de l’ATP sera de décrire ces dynamiques dans l’espace à l’échelle régionale, de les expliquer, et d’en mesurer les conséquences sur la sécurité alimentaire.

Ce travail comprend donc trois thème :

  • la description des dynamiques de croissance agricole en Afrique de l’Ouest, 
  • l’identification des causes des différentiels de croissance de la production,
  • l’analyse des effets de la croissance agricole sur la sécurité alimentaire.

Chacun de ces thèmes sera traité sous la forme d’ateliers ciblés, ayant pour mission de répondre à une question simple, et si possible testable. Les réponses seront fondées empiriquement pour faciliter les contributions interdisciplinaires. La plus-value du travail sera donc avant tout de donner de l’unité et de la fiabilité à nos interprétations du rôle de la production agricole dans la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest.

Un bilan sur ces différents thèmes sera fait à la fin des deux ans du BTP. Ce bilan vise à une meilleure compréhension interdisciplinaire des situations d’insécurité alimentaire constatées et à contribuer à une réflexion collective sur la stratégie de recherche du Cirad en matière de sécurité alimentaire et à une programmation future de nos recherches. Ce bilan sera organisé à l’issue du BTP sous la forme d’un séminaire interne au CIRAD mais pourra mobiliser des personnes ressources externes.

Enfin, la gouvernance du projet est organisée sous la forme d’une cellule de coordination composée de 4 personnes, rattachées respectivement au DP Sisto (jacques Imbernon), au DP Asap (Eric vall), à l’UMR Moisa (Sandrine Dury) et à l’UMR Art-Dev (Frederic Lançon).

Le cadre analytique de l’ATP se compose des principales relations supposées entre les causes de l’accroissement de la production agricole, les réactions des producteurs et la sécurité alimentaire. L’ATP aura pour mission d’établir la validité de certaines relations à une échelle régionale quand ça sera possible, locale quand ça ne le sera pas. Le schéma sert avant tout à vérifier la cohérence d’ensemble de ce qui sera fait dans l’ATP.

L’analyse régionale se fera en premier lieu à partir de données nationales déjà disponibles sur 50 ans (rendements, surfaces, populations, prix, intrants, consommation, données climatiques). Elle sera complétée avec des données infranationales, mais exhaustive sur la région ou quasi exhaustives, à partir des données qui dépendent (i) des choix de nos partenaires : rendements, climat, surfaces, populations, etc., (ii) de l’implication d’une équipe télédétection (indice construit d’intensification). Dans tous les cas, l’analyse régionale produira à la fois des analyses économiques et des cartes. Les analyses locales se feront avec les données propres à chaque groupe de travail (cf. organisation des activités). Chaque atelier décidera de l’échelle appropriée (parcelle, village, ensemble administratif, pixel de télédétection) à la vérification de l’hypothèse qu’il a à tester. La mutualisation des données locales pourra être étudiée. Le Burkina, et dans une certaine mesure le Ghana et le Mali seront des terrains ou plusieurs types de données locales pourront être mises en rapport.

Organisation des activités

THEME 1. LES MODALITES DE LA CROISSANCE DE LA PRODUCTION AGRICOLE

Dans les zones où l’on observe une augmentation de la production, nous chercherons à décrire les formes que prend cette intensification et mesurer l’importance des dynamiques d’intensification dans l’ensemble de l’évolution agricole d’Afrique de l’ouest.

WP1. Analyse régionale des dynamiques de croissance agricole (TETIS) La question de cet atelier est : Les dynamiques d’intensification en Afrique de l’ouest représentent-elles une part importante de la production agricole ?

  • Méthode : cartographie sur données de télédétection
  • Nature des données : indices de végétation
  • Echelle : régionale (avec pixels sub-nationaux)

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., UMR TETIS

WP2. Analyse des dynamiques démographiques rurales/ urbaines en Afrique de l’Ouest (TETIS) La question est : Quel sont les liens entre les dynamiques démographiques et agricoles ?

  • Méthode : Analyse statistiques et spatiale des relations entre les dynamiques de croissance des rendements et les dynamiques démographiques (pôles urbains, axes de communications…).
  • Terrains : Ghana, Nigeria. Peut-être Mali, Burkina Faso.
  • Nature des données : localisation de toutes les villes jusqu’à 2500 habitants et données de recensements
  • Echelle : les données démographiques seront exhaustives sur deux pays (Ghana et Nigeria)

Contact :Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., UMR TETIS

WP3. Analyse des modalités d’intensification (SELMET, Innovation) La question est : quelle est la part de l’intensification qui provient d’un accroissement des intrants existants, du travail, du capital (y compris l’utilisation du bétail) ou d’innovations, (notamment de l’intégration culture-élevage) ?

  • Terrains : zone sub-humide du Burkina Faso et du Mali.
  • Echelle : sub-nationale

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., UMR Selmet

WP4. Rôle des variétés dans l’évolution de la production (AGAP) La question est : quel a été le rôle des variétés améliorées de sorgho dans l’évolution de la production pour cette culture ?

  • Terrains : zone nord-soudanienne et sud-sahélienne au Burkina Faso et Mali.
  • Echelle : sub-nationale

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

WP5. Analyse des effets environnementaux de l’intensification (SCA) La question est : l’intensification en Afrique de l’Ouest est-elle écologique ? Pourquoi et et à quelles conditions peut-elle l’être ?

  • Nature des données : bilans agronomiques
  • Echelle : sub-nationale

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., UMR SCA

THEME 2. LES RAISONS DE LA CROISSANCE DE LA PRODUCTION AGRICOLE

Ce thème vise à donner expliquer les augmentations de rendement précédemment observées. L’analyse des raisons de la croissance et de la stagnation de la production agricole fait intervenir différents facteurs potentiellement explicatifs, associant les conditions biophysiques et économiques.

WP6. Analyse de l’effet d’entraînement des marchés urbains (ART-DEV)

La question est : Est-ce que l’évolution des stratégies d’approvisionnement des urbains a modifié les débouchés des producteurs agricoles nationaux ?

  • Nature des données : indicateurs de pratiques d’achat de denrées alimentaires
  • Echelle : Ouagadougou

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., UMR ART-DEV

WP7. Gestion du risque économique et production agricole (MOISA-CIRED) Est-ce que les choix d’investissements productifs résultent du niveau des prix, de leur imprévisibilité, ou de l’imprévisibilité des politiques de stabilisation ?

  • Nature des données : séries de prix, séries de politiques, indicateurs de production agricole, indicateurs d’investissement (charrues, bétail) et indicateurs d’intensification (rendement, intrants), variables de contrôle (climat, taux de change, caractéristiques des ménages).
  • Echelles : sub-nationale (Burkina Faso), avec observations micro-économiques par zones administratives, nationale (Mali, Niger, Burkina Faso)

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., UMR MOISA

WP8. Analyse des effets des politiques publiques sur l’intensification (SCA, MOISA, Innovation, Cired, Agap) La question est : Quelle est la sensibilité des systèmes d’exploitation d’Afrique de l’ouest à divers types de politiques favorisant l’intensification des systèmes de culture céréales / légumineuses en Afrique de l’Ouest, en fonction des environnements biophysiques ?

  • Echelle : sub-nationale (Sénégal, Burkina Faso, Mali, Cameroun) avec observations en zones sèches.
  • Nature des données : indicateurs d’objectif économique (autoconsommation, revenu moyen, stabilité), indicateurs d’environnement biophysique (sol, climat), et d’environnement économique des exploitations (prix des produits et des intrants, de la main d’oeuvre, accès au crédit, transferts familiaux…)

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

THEME 3. LES EFFETS DE LA CROISSANCE AGRICOLE SUR LA SECURITE ALIMENTAIRE

La croissance des rendements agricoles a-t-elle un effet sur l’amélioration de la sécurité alimentaire ? Lorsque l’intensification est seulement une réponse à l’accroissement démographique, elle ne suffit pas toujours à engendrer une amélioration de la sécurité alimentaire. Lorsqu’elle permet une croissance agricole supérieure à l’accroissement des besoins alimentaires, on peut s’attendre à ce qu’elle contribue à une amélioration de la sécurité alimentaire. Est-ce le cas dans la réalité ? Et pour quelles raisons ?

WP9. Croissance de la production et croissance des contraintes sur la nutrition (MOISA, Selmet) Est-ce que l’accroissement des productions des producteurs qui orientent leur production vers la demande urbaine a des conséquences négatives sur la sécurité alimentaire ?

  • Echelle : village (Burkina Faso).
  • Nature des données : indicateurs consommation moyenne, nature de l’alimentation, diversité des produits, régularité, satisfaction, niveau de risque

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., UMR MOISA

WP10. Evolution des modes de consommation chez les urbains (MOISA) Peut-on identifier les convergences et les divergences dans les modes de consommation des urbains, et leur dépendance aux marchés domestiques et internationaux ?

  • Echelle : régionale (exhaustive), avec observations nationales
  • Nature des données : consommation nationale, populations urbaines, (localisation et qualité des transports ?)

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., UMR MOISA

UR ET CHERCHEURS ENGAGES DANS LE BTP

DEPARTEMENT ES
ARTDEV : Frédéric Lançon, Marie Hélène Dabat
CIRED : Tristan le Cotty
INNOVATION : Eduardo Chia, Michel Havard, Patrick Dugué, Aurélie Toillier
MOISA : Nicolas Bricas, Elodie Maître d’Hôtel, Sandrine Dury, Françoise Gérard , Emmanuelle Cheyns
TETIS : Jacques Imbernon, Christian Baron, Patricio Mendez, Michel Passouant, Agnès Bégué, Philippe Morant
GREEN : Françoise Gérard
SELMET : Eric Vall, Véronique Ancey, Mélanie Blanchard, Ibra Touré

DEPARTEMENT PERSYST
SCA  : François Affholder, Florent Maraux, Hervé Guibert, Jean Marc Douzet, Eric Scoppel

DEPARTYEMENT BIOS
AGAP : Gilles Trouche, Kirsten vom Brocke, Michel Vacksmann

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Innovation sociale et alter management

2012-2013

Ce programme s’inscrit dans des dynamiques de recherche en cours notamment impulsées par la MSH depuis 2008 et par une ANR depuis 2010. L’objectif est de croiser des regards disciplinaires sur les pratiques entrepreneuriales socialement innovantes, les logiques et dispositifs organisationnels qui les sous-tendent, et leurs impacts sur le développement local. La particularité du programme est double : associer étroitement des acteurs de terrain à la recherche et assurer des liens avec des formations de niveau Master.

MOTS-CLÉS : Innovation sociale, pratiques entrepreneuriales, développement local durable ; action publique territorialisée, économie sociale et solidaire, alter management

L’innovation sociale fait l’objet d’une attention accrue tout aussi bien de la part des chercheurs des sciences humaines et sociales que de la part des acteurs de la vie économique et sociale, et plus particulièrement les pouvoirs publics. Création d’emplois, croissance économique et utilité sociale, lien social, participation citoyenne, engagement éthique…sont autant de vertus qu’on lui prête dans un contexte où les logiques antérieures de croissance et de développement montrent leurs limites.

L’innovation sociale est assimilée à une réponse aux problèmes de coordination et de régulation des relations entre les acteurs dans les différentes dimensions de la vie sociale. Elle consiste en la mise en place de nouvelles approches et pratiques, ainsi que de nouveaux dispositifs qui permettent l’action collective. L’économie sociale et solidaire illustre les processus grâce auxquelles elles émergent, en particulier via l’hybridation de ressources et de logiques issues des sphères marchande, publique et domestique. Elle illustre également le type de problème auquel peut répondre une innovation sociale, comme par exemple la satisfaction de besoins que le marché ne prend pas en charge, ou d’une manière socialement insatisfaisante. Jusqu’à présent, l’Etat parvenait à combler certaines de ces défaillances du marché. Mais les mutations de l’action publique (désengagement, décentralisation) ouvrent de nouveaux espaces au sein desquels les innovations sociales sont stimulées aussi bien par la société civile que par les pouvoirs publics et les acteurs marchands. Si les dynamiques d’innovations sociales sont bien antérieures et remontent au 19ème siècle (par exemple avec la naissance du mouvement associationniste) la période actuelle ouvre une nouvelle phase.

Les innovations sociales sont le résultat d’interactions qui sont nécessairement encastrées dans un contexte social spécifique. Le territoire constitue un élément essentiel de ce contexte, en tant qu’environnement institutionnel, patrimonial, culturel, naturel, etc., qui conditionne les comportements individuels et collectifs. Mais il en est tout autant le produit : les innovations sociales façonnent les institutions, les organisations, les conventions, les normes, les valeurs, autrement dit les conditions et les raisons des comportements des agents. A ce titre, les innovations sociales sont au cœur des dynamiques de développement local en permettant de repenser les interactions économiques, sociales et politiques sans lesquelles un progrès durable n’est plus envisageable. Leur nature implique des approches pluridisciplinaires ainsi que des contacts étroits entre la recherche et les acteurs, en particulier les structures, parfois elles-mêmes socialement innovantes, qui visent à les promouvoir. Les liens établis avec Alter’Incub, l’incubateur d’entreprises sociales du Languedoc-Roussillon, illustrent ce partenariat à la fois pour l’émergence de projets aux objectifs et modalités diversifiés et pour la mise en relation d’acteurs dont la coordination est nécessaire et possible grâce à de nouveaux dispositifs.

L’un des enjeux majeurs de l’innovation sociale est de réussir une articulation délicate entre une performance économique sanctionnée par le marché et la mise en œuvre de principes et de pratiques a priori étrangers à la sphère marchande. Ces principes et pratiques permettent pourtant le fonctionnement de l’économie marchande. Mais jusqu’où les moteurs d’une coordination innovante peuvent-ils résister aux tensions contradictoires des forces de la concurrence ?

L’axe « Innovation sociale et alter management » de la MSH sera structuré pour l’année 2013 autour de la modélisation de dispositifs de soutien à l’innovation sociale, en privilégiant le soutien aux projets entrepreneuriaux socialement innovants. Comment s’opère l’accompagnement de projets économiques alternatifs, qui expérimentent de nouveaux modes de gouvernance (participatifs, démocratiques, multi parties prenantes,…) ou de nouveaux critères de gestion (répartition des excédents, appropriation collective,…) ? Ou encore, comment ces projets entrepreneuriaux parviennent-ils à concilier dimensions sociales et environnementales aux contraintes économiques ? Quelles fonctions spécifiques développent les dispositifs d’accompagnement ? Comment s’inscrivent-ils dans les cadres institutionnels, les politiques publiques et les milieux professionnels ?

Si les dispositifs de promotion de l’innovation technologique font l’objet de nombreuses recherches, ceux à l’origine de l’innovation sociale et destinés à la soutenir sont en revanche bien moins étudiés. Cette situation s’explique notamment par le fait que les processus d’innovation sociale sont difficiles à finement cerner et circonscrire car ils englobent des champs vastes, complexes et multidimensionnels. Le concept même d’innovation sociale est suffisamment polysémique et flou.

Il est donc nécessaire de cerner quels types d’innovations sociales sont les plus à mêmes de contribuer au développement local durable et d’étudier les moyens mis en œuvre ou potentiels pour soutenir les processus d’innovation sociale. Ces moyens se traduisent en dispositifs publics, parapublics ou privés, qui peuvent et pourraient eux-mêmes être innovants.

L’originalité et l’importance de la problématique dans le champ scientifique
Du point de vue pratique, l’originalité forte de notre programme est d’associer étroitement monde de la recherche et professionnels du secteur de l’innovation sociale, ce qui explique l’organisation spécifique de notre groupe dans lequel la responsabilité est co-assurée par D. Vallade (ARTDEV UM3) et F. Bellaredj (URSCOP LR). D’un point de vue scientifique, l’une des principales originalités du projet est de contribuer à caractériser de nouveaux modèles de management en mobilisant les concepts et outils issus de notre démarche pluridisciplinaire. Qui plus est, nous proposons d’appliquer nos efforts de recherche à des milieux et activités souvent traités séparément : nous mettons l’accent tant sur les outils de gestion, les modes d’organisation et d’accompagnement des projets que sur les systèmes territoriaux d’innovation sociale, nous permettant d’analyser des terrains diversifiées, de l’agriculture aux services en passant par l’industrie.

L’approche manageriale, appliquée à la notion d’innovation sociale, permet de réinterroger les postulats fondamentaux de la création d’activité en développant des cadres d’analyse inscrivant les dimensions territoriales et sociales au cœur même des finalités de l’entreprise, en articulation avec les dimensions économiques et environnementales. Nous nous efforçons ainsi de caractériser de nouvelles normes manageriales et productives conduisant à revisiter les conceptions du développement durable (le DD comme construction volontaire) et des partenariats publics-privés ainsi que la place accordée aux différentes parties prenantes.

Nous proposons donc de décloisonner des savoirs et travaux trop souvent réduits à des singularités que l’approche systémique permettrait de dépasser pour offrir une vision plus globale des processus d’innovation sociale et des conditions concrètes qui les favorisent ou non.

Une perspective institutionnaliste et systémique permet de saisir les liens entre environnement, institutions, organisations et individus dans une logique de codéterminations circulaires, de co-construction et d’interstructuration : les analyses dynamiques propres au développement durable, qu’il soit local ou pas, impliquent d’analyser l’ensemble des relations déterminantes et bilatérales.

On peut, dans un premier temps penser ces liens dans une logique où l’on part de l’environnement (au sens large incluant l’ensemble des éléments englobant les prises de décision et les modalités d’action des agents) et des institutions pour arriver aux organisations et aux individus.

Mais ces relations de détermination, dans lesquelles on peut penser les innovations comme une réponse à un environnement spécifique, doivent être complétées par les réactions innovantes des individus et des organisations face aux modifications de leur environnement et mettre en relief l’existence de temporalités différentes dans la réaction à ces modifications. Par exemple, les arrangements institutionnels englobants ont ainsi tendance à réagir plus lentement aux modifications de l’environnement, ce qui correspond d’ailleurs à leur fonction essentielle : la réduction de l’incertitude suppose la mise en place de règles stables à long terme, stabilité qui peut se muer en immobilisme problématique face à des changements rapides de l’environnement.

Les innovations sociales sont donc à penser dans un environnement global (incluant également les structures institutionnelles stabilisées) sur lequel elles agissent en retour, y compris, in fine, sur la structure institutionnelle globale.

C’est sur l’ensemble de ces relations de codétermination que le groupe de travail se propose de mener une réflexion, en distinguant différents niveaux d’innovations (aux niveaux individuels, organisationnels et institutionnels) impliquant différents types d’acteurs relevant de sphères distinctes (par exemple organisations privées, publiques, parapubliques) et poursuivant des objectifs diversifiés (réussite marchande, création d’emploi, réponse à des besoins sociaux, préservation de l’environnement naturel, préservation du lien social, redynamisation de la participation citoyenne, redéfinition et revitalisation de l’entrepreneuriat etc.). L’innovation sociale se spécifie à la fois par le caractère novateur d’une solution préconisée induisant des formes de solidarité et l’intensification des coopérations entre acteurs, qui suppose de nouvelles arènes pour débattre et des processus de traduction entre acteurs. Dans ce contexte, nous nous efforçons d’aborder cette fonction de traduction selon deux approches. La première est celle issue des approches en termes de réseaux socio techniques qui soulignent l’importance du traducteur. La seconde est issue des analyses de la proximité : il nous semble en effet que les externalités de connaissance dont on sait l’importance dans tout processus d’innovation supposent pour se développer une proximité de médiation qui combine interface et traduction. Cette forme de proximité de médiation peut caractériser à la fois les fonctions, les instances, les dispositifs et orienter les systèmes d’action mis en œuvre. La proximité de médiation fait articulation entre une proximité cognitive de nature institutionnelle et une proximité relationnelle plus interpersonnelle.

La méthodologie
L’analyse située des dispositifs de soutien à l’innovation sociale et des processus à l’œuvre dans l’accompagnement des projets suppose l’élaboration d’une grille de lecture commune qui articule différents niveaux : les projets et équipes de porteurs (profil, fonctionnement, caractéristiques) ; le dispositif de soutien (fonctionnalités, ancrage institutionnel, professionnel et territorial) ; le territoire d’implantation (caractéristiques socio économiques, histoire, dynamiques politiques et institutionnelles).

Dans une première étape, l’élaboration de cette grille reposera sur l’étude d’AlterIncub et de projets entrepreneuriaux accompagnés par l’incubateur. Opérationnel depuis janvier 2008, ce dispositif fait en effet référence en France, et avec lui, la Région Languedoc-Roussillon. Dans une seconde phase, notre méthodologie s’appuiera essentiellement sur la comparaison d’études de cas, en France et à l’international, visant à construire de nouveaux développements théoriques à partir du terrain. Cette méthodologie qualitative est rendue possible par les investissements d’entrée déjà réalisés par les membres de l’équipe auprès des différents dispositifs, réseaux et laboratoires concernés par le programme, mais également par les travaux croisés, lors des séminaires, avec des chercheurs et praticiens spécialistes des différents dispositifs et territoires concernés. La valeur ajoutée originale du projet se situe dans l’application du principe de recherche-action à une hybridation fructueuse entre les acteurs praticiens et les acteurs universitaires, tant dans le domaine de la conceptualisation, où les choix opérés par AlterIncub en matière de caractérisation de l’innovation sociale sont pris en compte, que dans l’opérationalisation, où les analyses des chercheurs sont restituées sous forme de diagnostics, notamment aux porteurs de projet. Ces derniers, objet de l’enquête, se trouvent également contributeurs de la recherche. Tout au long du programme, ce processus permanent d’aller retour entre le terrain et la recherche favorisera l’émergence de conceptions et outils partagés de l’innovation sociale et de l’entrepreneuriat social, accompagnant la stratégie d’essaimage portée par AlterIncub dans d’autres régions en demande de soutien pour implanter ce type de dispositifs. L’équipe place ainsi au cœur de sa démarche la valorisation professionnelle de la recherche. La mise en regard des pratiques professionnelles et des savoirs académiques, leur interrogation réciproque et leur intégration potentielle, constitue un moteur du programme. Mise en travail, cette démarche intellectuelle transversale s’enrichira de comparaisons avec des expériences menées en France et à l’étranger en matière de soutien à l’innovation sociale.

Il s’agit de proposer des avancées non seulement dans le domaine scientifique grâce à de nouvelles grilles d’analyse pluridisciplinaires de l’innovation sociale mais aussi de permettre la formulation de préconisations concernant à la fois les dispositifs eux-mêmes, et les politiques publiques d’aide à l’innovation (dépassant ici l’innovation sociale pour aller vers l’innovation englobant les dimensions sociale et technologique) et, surtout, pour penser les modalités de gouvernance et de gestion les plus à même de favoriser l’émergence d’innovations sociales susceptibles de structurer les dynamiques de développement local. Ce dernier aspect est essentiel dans la mesure où les innovations sociales concernent à la fois les acteurs individuels et les organisations, mais aussi leurs relations entre eux et la possibilité de constitution de nouveaux espaces d’action publique favorisant les synergies et la mise en cohérence des initiatives isolées. L’innovation sociale relève donc également d’une redéfinition de l’action publique, de ses fondements et de ses formes.

Calendrier du programme (phasages…)

Le déroulement du programme sur l’année s’organisera en trois grandes étapes, ponctuées de temps forts autour de manifestations scientifiques. Le premier objectif vise l’élaboration d’une grille de d’analyse commune qui articule la gouvernance des projets et dispositifs de soutien à l’innovation sociale, à partir de travaux empiriques et théoriques déjà engagés par l’équipe. Cette étape, préparée en amont avec les intervenants universitaires et praticiens (réunion mi-janvier), donnera lieu à une journée d’études fixée au 09 avril 2013. Dans un deuxième temps, la réflexion portera sur le croisement d’expériences françaises et étrangères avec des comparaisons d’études de cas relevant, d’une part, de différentes régions de France et, d’autre part, de différents territoires identifiés au niveau international (région de Montréal, de Genève, de Londres). Ces travaux s’appuieront sur deux séminaires, en juin et septembre 2013 d’une journée chacun, dont la diffusion en direct et le podcast permettrait de convier nos réseaux à la réflexion. Fort de ces échanges, la troisième étape du programme vise la modélisation du triptyque projets/dispositifs/territoires d’innovations sociales dans une optique de transfert de connaissances, de capitalisation et de conditions d’essaimage des dispositifs. L’élaboration de cette formalisation, sous une forme qui reste à définir, devra répondre au double objectif du programme, académique et prescriptif. L’année se conclura par un atelier de recherche, en décembre 2013, au sein du quel cette réflexion pourra se dérouler, avec l’objectif également, de faire aboutir la stratégie de publication autour du programme.

Actions de diffusion et de valorisation des résultats envisagées (publications, colloques…) 

En cohérence avec la démarche du groupe, la diffusion et la valorisation des résultats s’organiseront autour de deux canaux. En premier lieu, le groupe souhaite, à l’issue du programme, proposer un support de diffusion des résultats (un "4 pages" par exemple, éditée en version électronique et sur papier) destiné à la fois à la communauté universitaire travaillant sur l’innovation sociale et l’économie sociale et solidaire, et à destination des professionnels (praticiens publics et privés) du secteur afin de renforcer la valorisation professionnelle de la recherche et de favoriser les échanges sur lesquels se fondent nos travaux au sein de la MSH. Composée de plusieurs rubriques, cette publication donnerait lieu à un travail collectif associant les étudiants de niveaux Master 2 Professionnel (3 des membres de l’équipe sont responsables de Master 2). En terme de coût, ce support de diffusion reste à évaluer (elle n’apparaît pas dans la demande de financement), mais l’un des partenaires potentiels, l’AVISE (Agence de valorisation des initiatives socio économiques) fait partie de notre réseau. En second lieu, les travaux de l’équipe donneront lieu à des communications et publications dans le circuit académique traditionnel. A ce titre, sont dores et déjà en soumission des communications directement liées au programme et associant plusieurs membres de l’équipe, notamment au Colloque "Circulations et appropriation des normes et des modèles de l’action locale" (mars 2013) ou encore sur l’innovation sociale dans les services aux personnes aux Journées de l’AES sur "Les nouvelles frontières de l’ESS" (septembre 2013).

Dimensions inter institutionnelles, interdisciplinaires et internationales du programme
Le programme rassemble des membres d’équipes de recherche issues des différentes institutions montpelliéraines (universités 1 et 3), de différentes régions (LR, PACA) et de différentes disciplines (économie, gestion), mais aussi, et surtout, assure un lien fort avec le monde professionnel à travers une double responsabilité universitaire et professionnelle. Ces liens interinstitutionnels et interdisciplinaires se doublent de l’insertion dans des réseaux nationaux, universitaires (Réseau Inter Universitaire en Economie Sociale et Solidaire) et professionnels (le MOUVES Mouvement des entrepreneurs sociaux, le Réseau des Fabriques à initiative), ainsi que des liens forts à l’international à la fois au Québec, en Suisse et en Angleterre. Les séminaires seront l’occasion de concrétiser plusieurs initiatives, en particulier avec le CRISES (Centre de recherche sur les innovations sociales de l’Université du Québec à Montréal), avec lequel l’équipe travaille depuis 2009 dans cette même optique de "recherche partenariale" acteurs/chercheurs.

Le programme Innovation Sociale et Alter management est également développé en relation étroite avec le programme ANR GEODD (Gouvernance d’Entreprises, Organisations et Développement Durable, dirigée par F. Palpacuer) obtenu par le laboratoire MRM pour la période 2010-2014 et dans le cadre duquel une dynamique de travail collective a déjà été amorcée au cours des deux dernières années par la plupart des participants, attestant d’une capacité à produire des résultats scientifiques validés par les acteurs de terrain.

Coordinateurs du projet

Responsable n°1 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., MCF Economie, Université Paul Valéry - Montpellier 3, UMR 5281 ART-Dev

Responsable n°2 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Directrice du département Innovation sociale, Union Régionale des Scop Languedoc-Roussillon

Equipes et laboratoires impliquées financièrement

  • Laboratoire MRM - Université Montpellier 1, 2, 3 
  • UMR ART-Dev - Université Montpellier 3 
  • UMR LEST-CNRS - Aix Marseille Université 
  • UR Scop L-R - Union Régionale des Scop du L-R 

Membres ART-Dev impliqués (en plus de la coordinatrice scientifique)

  • Prévost Benoît, MCF HDR, économie, ART-Dev, Université Montpellier 3 
  • Ferraton Cyrille, MCF HDR, économie, ART-Dev, Université Montpellier 3

Membres d’autres laboratoires en France

  • Richez-Battesti Nadine, MCF, économie, LEST-CNRS, Aix Marseille Université 
  • Petrella Francesca, MCF, économie, LEST-CNRS, Aix Marseille Université 
  • Marival Céline, économiste, LEST-CNRS, Aix Marseille Université 
  • Palpacuer Florence, PR, gestion, MRM, Université Montpellier 1 
  • Vercher Corinne, MCF, gestion, MRM, Université Montpellier 3 
  • Balas Nicolas, MCF, gestion, MRM, Université Montpellier 1 
  • Sébastien Paule, Dirigeant de la Scic Un goût d’illusion (Société Coopérative d’Intérêt Collectif, secteur culturel)

15 février 2013 - Séminaire de travail : organisation du programme sur l’année et préparation de la journée d’étude du 15 mars (finalisation du programme et logistique)

15 mars 2013 - Journée d’étude Acteurs/Chercheurs : cette journée vise à mettre en regard les analyses des chercheurs et des praticiens autour de 2 axes : les caractéristiques des projets et porteurs de projets socialement innovant, d’une part et le dispositif AlterIncub, ses processus et fonctionnalités, d’autre part. Le public visé se compose des professionnels du champ de la création d’entreprise et de l’innovation, des techniciens et élus des collectivités territoriales aux prises avec ces questions ainsi que des chercheurs, enseignants-chercheurs et étudiants de M2 appartenant aux formations en économie sociale.

26 Mars 2013 – Réunion de travail : bilan de la journée d’étude et programmation de la suite du programme. Projet de valorisation : « 4 pages », Labex Entreprendre

17 Juin 2013 – Séminaire de travail chercheurs : équipes d’Aix Marseille et de Montpellier, planification des valorisations/publications communes et préparation des rencontres internationales

Octobre/novembre 2013 - Rencontres internationales : dispositifs d’incubation et d’accompagnement de projets socialement innovants – Comparaison d’études de cas : Québec ; Suisse ; Angleterre à partir des experts (professionnels des dispositifs) et des chercheurs.

Décembre 2013 - Atelier de recherche : modélisation des dispositifs de soutien à l’innovation sociale et valorisation/publications à partir du programme de l’année

  • Palpacuer, F. Vercher, C. et Balas, N. (2012) “Balancing social and economic goals in sustainable development strategies : a case study of alternative business projects”, communication présentée à la 21ième conférence annuelle de l’Association Internationale de Management Stratégique (AIMS), Lille, 4-6 juin.
  • Richez-Battesti, N., Vallade D. (2012) Vers une politique publique de soutien à l’innovation sociale comme processus d’endogénéisation de l’attractivité du territoire ? Le cas de la région Languedoc-Roussillon, dans Abdelillah Hamdouch, Marc-Hubert Depret, Corinne Tanguy (Eds.), Mondialisation et résilience des Territoires : Trajectoires, dynamiques d’acteurs et expériences locales, Chap. 13, PUQ Montréal.
  • Richez-Battesti N., Vallade D. (coord.) (2012), L’innovation sociale : acteurs et système, Revue Innovations n° 38, 2012/2.
  • Richez-Battesti N., Petrella F., Vallade D. (2012), L’innovation sociale, une notion aux usages pluriels : Quels enjeux et défis pour l’analyse ? en coll. avec, in Revue Innovations, pp.15-36, n° 38, 2012/2.
  • Richez-Battesti N., Vallade D, Bellaredj F. (2011), L’innovation sociale entre vogue et vague…., in Chantiers Politiques, Peut-on croire à l’innovation sociale, n°9, pp. 20-33, sept.
  • Richez-Battesti N. (2011), Renforcer l’ancrage de l’entrepreneuriat social dans l’économie sociale et solidaire, in Juris Associations, Dossier sur l’entrepreneuriat social, n° 436, p. 29, 1er avril.
  • Richez-Battesti N., Vallade D. (2009) Economie sociale et solidaire et innovations sociales : quel modèle socio-économique d’incubateur ? Premiers résultats sur un incubateur d’entreprise sociale en Languedoc-Roussillon, in Revue Innovation, n°30/2, pp.41-61.

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 Tel : +33 (0)6 81 54 73 41 / +33 (0)4 67 14 21 67

Pour des nuits urbaines durables et inclusives

2018-2020

Dominique Crozat

Au cours des dernières décennies, un certain nombre de changements sociaux et politiques ont profondément modifié la fréquentation et le statut de la nuit urbaine dans la plupart des pays européens. Cela amène les scientifiques à parler d’une « nocturnalisation » progressive d'un nombre croissant de pratiques sociales et activités économiques pour cerner la transformation de la nuit, jadis un temps mort, en un espace-temps économiquement productif et socialement attirant. C’est aussi parce que, dans ce nouveau contexte, le développement d'une vie nocturne animée et dynamique est devenu pour beaucoup de villes une stratégie majeure d’attractivité et/ou de régénération urbaine.

Longtemps apanage des grandes capitales quand Londres et Paris se disputaient le titre de « Ville lumière », la vie nocturne est devenue à la fin du 20e siècle, un élément important de l'économie urbaine et un facteur séduisant pour les touristes, les étudiants et l'attraction de nouveaux résidents de la plupart des métropoles régionales du continent. De fait, au début du siècle dernier, la vie nocturne ne concerne que quelques quartiers mythiques, Pigalle ou Alexanderplatz, et des populations peu nombreuses : d’un côté les élites sociales, culturelles et économiques, de l’autre le bas de l’échelle sociale, souvent des marginaux. Même si la concentration spatiale permet parfois à ces deux extrêmes de se rencontrer, pour le reste de la population la sortie nocturne reste exceptionnelle et se limite alors au samedi soir.

 

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Marchés Niger - Analyse des marchés agricoles et sécurité alimentaire au Niger

2012-2013

Si les questions relatives à l’intégration des marchés et aux circuits de commercialisation des produits sont relativement bien documentées, la question de la relation des ménages aux marchés est par contre rarement abordée. Une attention particulière est portée dans cette étude à la place du marché dans l’économie familiale tant comme source de revenus potentielle (vente de la production et/ou du bétail) que pour l’achat de produits alimentaires. Un autre sujet à approfondir porte sur le fonctionnement des marchés secondaires de consommation. Les liens avec les marchés de regroupement ont fait l’objet de différentes études, mais l’analyse des potentialités de ces marchés ruraux est encore trop peu étudiée.

Cette étude vise à renforcer la compréhension des liens entre les marchés et la sécurité alimentaire des populations rurales et à améliorer le cadre d’analyse des interventions monétisées de l’aide alimentaire grâce à une meilleure compréhension du fonctionnement et du rôle des marchés de consommation. Elle a donc une visée opérationnelle et s’inscrit dans la stratégie du PAM de soutenir des projets de transferts monétaires plutôt que d’assistance alimentaire quand les conditions le permettent. 
Les objectifs sont de mettre à jour les connaissances sur le profil des marchés (étude 2005) en tenant compte des nouveaux enjeux (récurrence des crises de production, volatilité des prix des matières premières sur les marchés internationaux) ; analyser les effets des achats institutionnels sur les marchés des céréales (stocks OPVN, banques céréalières…), à travers l’étude des stratégies commerciales des grossistes et des producteurs de céréales vis-à-vis de ces achats institutionnels ; étudier la capacité des marchés secondaires ruraux à assurer la disponibilité physique des produits alimentaires, particulièrement en période de crise, et analyser les principaux facteurs participant aux fluctuations des prix ; analyser le rôle des marchés dans l’économie alimentaire des ménages ruraux, avec une attention particulière sur les ménages pastoraux.

  • Cette étude doit permettre d’identifier les indicateurs des marchés à suivre dans le cadre du suivi de la sécurité alimentaire et ses perspectives au Niger ; d’évaluer dans quelle mesure le fonctionnement des marchés est favorable aux achats locaux des vivres et aux activités de transferts monétaires ; d’identifier les mesures d’ordre politique ou règlementaire à mettre en œuvre pour que les marchés répondent mieux aux besoins de la sécurité alimentaire des populations vulnérables ; de décrire les réponses qui favoriseraient la sécurité alimentaire des ménages vulnérables sans perturber les marchés et v) d’expliquer dans quelle mesure le fonctionnement des marchés (capacités, prix…) peut influencer la dimension ou le ciblage des programmes d’assistance alimentaire.

Coordinateurs du projet

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour le PAM au Niger
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour le CIRAD

Financement du projet World Food Programme (WFP)

Membres ART-Dev impliqués

  • Marie-Hélène Dabat, économiste, CIRAD
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., économiste
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., économiste statisticienne
  • Abdoul Salam Diallo, statisticien, U.Montpellier 1 (doctorant)

Membres d’autres laboratoires

  • Sani Laouali Addoh et Amadou Abass, statisticiens, Système d’information sur les marchés agricoles (SIMA), Niamey
  • Lawan Tahirou et Ousmane Salifou Sanda, économistes, PAM, Niamey

Séminaires de travail à Niamey avec le CIRAD et les partenaires locaux en février 2012, octobre 2012, décembre 2012

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Air climat santé société et Art » (ACS&ART)

2017-2019

Mohamed Djouldem

Le projet « Air climat santé société et Art » (ACS&ART) en réponse à un double déficit national de mobilisation citoyenne et d'efficacité des politiques publiques sur l'air.

Ce projet en Recherche Action Participative vise à analyser la fabrique dite participative des politiques publiques en faveur de l’air notamment via l’analyse des Plans Climat Air Energie Territoriaux. Il vise à faciliter les modalités d’administration des politiques publiques à l’échelle des territoires en prenant en compte de manière systémique l’ensemble des enjeux environnementaux et sociaux à l’aide d’un outil citoyen participatif « artivistes atelier ». 

TRANSMEDIA

Les nouveaux modèles de l’économie du partage : le secteur de l’audiovisuel

1/03/2018 au 1/03/2021

Cyril Ferraton

logo FeesSpecialesLe projet porte sur les nouveaux modèles économiques de la production culturelle, en particulier dans le secteur de la production audiovisuelle, qui est aujourd'hui créateur net d'emplois salariés en France. Nous recherchons à définir les principes des nouvelles activités économiques dans ce secteur à travers le financement, la gouvernance, la production et la distribution de créations transmédias réalisées à partir de logiciels libres.

 

La Scop Les Fées Spéciales, partenaire du projet, fabrique ses films d’animation à partir de logiciels libres. En développant des programmes transmédias innovants, la Scop Les Fées Spéciales offre un terrain d’expérimentation et d’étude aux deux laboratoires (RIRRA 21 et ART-Dev) impliqués dans le programme de recherche : l'analyse des nouvelles propostions de création et du renouvellementde la circulation des oeuvres pour RIRRA21, celle des initiatives de l’économie du partage, de l’économie sociale et solidaire et de l’innovation sociale pour ART-Dev.

Le projet prévoit aussi d’enquêter sur d’autres initiatives de l’économie du partage et de l’économie sociale et solidaire1 reposant sur les plateformes numériques et les logiciels libres. L’objectif est d’identifier des modèles économiques innovants relevant de l’économie du partage.

DYCOFEL

Interdépendances Hommes-Nature : analyse DYnamique des changements d’usages COnchylicoles sur le Fonctionnement des Ecosystèmes Littoraux

2015-2018

Les territoires littoraux français sont des espaces emblématiques des questionnements sur les relations entre les sociétés et leur environnement naturel. Zones d’intérêts écologiques, socio-économiques ou encore culturels et patrimoniaux, ils font l’objet de constantes évolutions à différentes échelles spatio-temporelles en lien avec des pressions d’origines multiples. A partir d’une étude de cas (bassin de Marennes-Oléron en Charente-Maritime) interrogeant les effets des changements d’usages conchylicoles sur le fonctionnement des écosystèmes littoraux, ce projet vise à établir une démarche de recherche innovante et transdisciplinaire pour caractériser les interdépendances Homme-Nature en milieu littoral. Les connaissances en écologie et écophysiologie accumulées au cours des trente dernières années sur la zone d’étude retenue ont démontré le rôle majeur de cet écosystème dans la production des ressources trophiques (les microalgues) à la base du développement considérable de l’activité conchylicole. Toutefois, la mise à jour d’une relation entre le fonctionnement d’un compartiment de l’écosystème et le développement de la conchyliculture n’est qu’une étape dans la compréhension des interactions entre l’Homme et son milieu. L’hypothèse à la base de ce projet consiste à envisager l’existence d’effets de rétroaction entre les pratiques conchylicoles mises en œuvre sur le bassin de Marennes-Oléron et la production de microalgues dans le milieu. Nous posons cette hypothèse dans une perspective dynamique, dans le but : i) de prendre en considération les évolutions des pratiques conchylicoles depuis l’avènement de la conchyliculture moderne dans les années 1950, en lien avec les transformations de la filière économique et les spécificités territoriales ; ii) d’interroger les incidences de ces évolutions du point de vue de l’emprise spatiale et des usages de la zone littorale par les conchyliculteurs (techniques d’élevage, chargement des parcs ostréicoles, etc.) ; iii) de mettre en relation ces changements de pratiques avec des évolutions de quantités et de production de microalgues observées par images satellitaires au cours des trente dernières années. Cette approche visant à comprendre l’évolution de l’écosystème littoral à travers l’étude des dynamiques spatio-temporelles de la conchyliculture représente une véritable originalité scientifique. Afin d’articuler les différentes dimensions du système étudié, elle s’appuie sur les apports de plusieurs disciplines : économie, géographie, histoire, écologie, écophysiologie. Elle s’appuie également sur différents acteurs, autres que les chercheurs, tels que les gestionnaires locaux et les professionnels de la conchyliculture. Ces derniers sont particulièrement impliqués dans le processus. Sur le plan scientifique, ce projet s’entend nourrir les réflexions en cours sur les rapports Homme-Nature en insistant sur les dimensions de coévolution. Sur le plan empirique, les résultats attendus devraient alimenter les dispositifs de gouvernance du territoire, en particulier les dispositifs dédiés à la conchyliculture en quête de lectures dynamiques des effets exercés par la profession sur les ressources naturelles.

Les territoires littoraux sont des espaces emblématiques des questionnements sur les relations entre les sociétés et leur environnement naturel. Ils sont en constante évolution, à différentes échelles spatio-temporelles, en lien avec des pressions d’origines naturelles ou anthropiques. Dans ce cadre évolutif, la nécessité d’articuler des enjeux en termes de préservation de l’environnement, de maintien ou de déploiement des activités économiques, de gestion de l’attractivité résidentielle et de l’urbanisation croissante, de régulation des inégalités environnementales, implique de prendre en compte des interactions plurielles et renforce l’intérêt de porter attention à ces espaces dans une perspective pluridisciplinaire. Cette dernière se révèle essentielle pour approcher la complexité des processus à l’œuvre. Dès lors, la compréhension des interdépendances Homme-Nature ne peut s’envisager qu’à partir d’une connaissance très fine, d’une part du fonctionnement des écosystèmes et des services rendus ou susceptibles d’être rendus par ceux-ci aux sociétés, d’autre part des pressions exercées par les sociétés sur l’écosystème, enfin des dynamiques de coévolution. La mise à jour de ces liens de réciprocité doit permettre : i) d’accompagner les choix d’orientations visant à un équilibre raisonné entre les usages et le potentiel de l’écosystème ; ii) d’anticiper l’impact des risques environnementaux et anthropiques sur les pertes potentielles de services écosystémiques pour les sociétés concernées. 
Le présent projet s’entend participer à ce défi sociétal et scientifique d’envergure, en s’intéressant à l’un des territoires littoraux représentatifs, au niveau national, des enjeux complexes précédemment évoqués : le bassin de Marennes-Oléron (Charente-Maritime). Fortement anthropisé, le bassin de Marennes-Oléron concentre de nombreuses activités plus ou moins complémentaires ou conflictuelles, parmi lesquelles l’agriculture, la pêche professionnelle et récréative, le tourisme, la plaisance, les activités résidentielles et la conchyliculture. Cette dernière fait figure d’activité structurante à plusieurs titres. Avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 300 millions d’euros, la conchyliculture est un acteur phare du dynamisme économique local. La Charente-Maritime est en effet le premier pôle conchylicole français en termes de surface et d’emplois (Girard et al., 2009). Elle accueille le plus grand nombre d’entreprises conchylicoles en France (le tiers de l’ensemble des entreprises conchylicoles nationales), dont 80% sont localisées dans le bassin de Marennes-Oléron. En outre, ce territoire est le premier pôle de commercialisation européen de l’huître creuse. L’ostréiculture est d’ailleurs l’activité largement dominante puisqu’elle concerne 90% des exploitations conchylicoles charentaises (CRC Poitou-Charentes, 2012). Les raisons de cette importance sont en partie historiques, l’exploitation réglementée des huîtres et la structuration de l’activité sur ce territoire remontant au 18ème siècle. Elles sont également liées à la pratique très particulière de l’affinage en claires qui a donné lieu à l’obtention de l’Indication Géographique Protégée « Marennes-Oléron » et de deux « Labels Rouges » assurant la notoriété de la production ostréicole au niveau national et international, et renforçant les dimensions patrimoniales et identitaires associées à la conchyliculture (Bérard et al., 2008). 
Néanmoins, les éléments évoqués ci-dessus ne suffisent pas pour comprendre le succès de la conchyliculture charentaise. Celui-ci tient également aux caractéristiques physico-chimiques et biologiques du bassin de Marennes-Oléron. L’importance de la production conchylicole est étroitement liée à la très forte productivité des ressources trophiques, notamment des producteurs primaires microscopiques que sont les microalgues benthiques (qui se développent à la surface du sédiment). Les travaux menés sur cet écosystème au cours des trente dernières années ont démontré que ces microalgues constituent la moitié de la ressource trophique des huîtres (Riera & Richard, 1996). Les microalgues benthiques jouent donc un rôle fondamental dans le développement des filières conchylicoles sur les littoraux européens et a fortiori français. 
La production de microalgues est considérablement élevée en raison :

  • i) de la taille très fines des particules du sédiment (i.e. vases), et de ses paramètres abiotiques (pénétration de la lumière, teneur en sels nutritifs, etc.) ; 
  • ii) de la capacité de déplacement des microalgues à la surface du sédiment (formation d’un biofilm) leur permettant d’emmagasiner l’énergie nécessaire à leur production (photosynthèse) ; 
  • iii) et de leur remise en suspension régulière par les marées. La remise en suspension à chaque marée montante d’une partie du biofilm libère de l’espace pour le développement de nouvelles microalgues lors de la marée basse suivante et ainsi de suite. Ce phénomène est à l’origine de la stimulation renouvelée et continue de la production des microalgues, faisant ainsi des vasières littorales l’un des habitats les plus productifs de la planète.

Si les connaissances en écologie ont montré le rôle majeur des vasières via la production de microalgues pour le développement de l’activité conchylicole, la mise à jour d’une relation entre le fonctionnement d’un compartiment de l’écosystème et le développement de la conchyliculture n’est toutefois qu’une étape dans la compréhension des interactions entre l’Homme et son milieu. Ce projet vise à déterminer les effets de rétroaction entre les pratiques conchylicoles et la production de microalgues. En effet, les coquillages en tant qu’organismes, mais aussi les pratiques des conchyliculteurs peuvent affecter la production des microalgues. Or, les connaissances restent encore très limitées sur ces potentiels effets de rétroaction sur la production et la disponibilité des ressources trophiques. A cet égard, ce projet présente une véritable originalité.
L’originalité de ce projet repose également sur l’élaboration d’une démarche transdisciplinaire impliquant économistes, géographes, historiens, écologues et écophysiologistes. 
Elle tient enfin au développement d’une approche dynamique. Le traitement récent d’images satellitaires du bassin de Marennes-Oléron a permis d’établir des cartographies de biomasses de microalgues benthiques. Ces cartes rendent compte de variations importantes sur la zone d’étude entre 1995 et 2012. 
Si l’on doit considérer ces premières analyses avec prudence, du fait notamment d’une certaine variabilité journalière et saisonnière liée aux facteurs environnementaux, il semble intéressant de comprendre les raisons de ces changements. Pour cela, il convient :

  1. de prendre en considération les évolutions des pratiques conchylicoles depuis l’avènement de la conchyliculture moderne dans les années 1950, en lien avec les transformations de la filière économique et les spécificités territoriales tenant à la variété des acteurs présents sur la zone côtière ; 
  2. d’interroger les incidences de ces évolutions au niveau spatial en termes d’usage du littoral ; 
  3. et de mettre en relation ces changements de pratiques avec des évolutions de biomasse et de production de microalgues observées par images satellitaires au cours des trente dernières années. 

La finalité de ce projet est de caractériser l’influence des dynamiques spatio-temporelles de l’activité conchylicole sur la quantité et la production des microalgues benthiques, dont on le sait, une partie est utilisée par les coquillages. L’étude de ces interactions dynamiques, envisagée comme une étape supplémentaire dans l’analyse plus large des interdépendances Homme-Nature dans le bassin de Marennes-Oléron, est nécessaire pour être en mesure de déterminer la part des évolutions de ressources trophiques due aux changements de pratiques des conchyliculteurs. De cette manière il sera possible de comparer celle-ci à la part des évolutions liées aux changements engendrés par les variations des paramètres environnementaux (i.e. lumière, température, taille des particules sédimentaires). 
Le projet sera construit en trois axes interdépendants, bien que comportant chacun des objectifs propres : 

  • Un premier axe visant à mieux comprendre les évolutions des usages conchylicoles dans la baie de Marennes-Oléron. L’analyse sera réalisée à l’échelle des trente dernières années, période au cours de laquelle la filière conchylicole a connu de nombreuses crises. 
  • Un second axe visant à définir les variations de la quantité de ressource trophique (microalgues) disponibles dans le temps et dans l’espace au cours de la même période. Cet axe s’attachera à déterminer le lien entre ces changements et les paramètres environnementaux, sur les plans intra- et interannuels. 
  • Un troisième axe ayant pour objectif de croiser les résultats obtenus dans les deux premiers axes. L’identification de l’effet des pratiques conchylicoles sur la disponibilité des microalgues permettra de définir des recommandations visant à favoriser une rétroaction positive de la conchyliculture sur la disponibilité des ressources trophiques.
  • ART-Dev Acteurs, Ressources et Territoires dans le Développement
    UMR 5281 CNRS – Univ. Montpellier 3 – CIRAD – Univ. Montpellier 
    - Audrey Rivaud, MCF (responsable du projet), Economiste
    Environnement, coordination autour des ressources communes, conflits d’usage

CRiHAM Centre de Recherche Interdisciplinaire, Histoire, Histoire de l’Art et Musicologie, EA 4270, Univ. Poitiers
- Thierry Sauzeau, MCF HDR Historien 
Histoire des sociétés littorales des Pertuis charentais, conflits pêche/ostréiculture

LIENSs Littoral, Environnement et Sociétés, UMR 7266 Univ. La Rochelle - CNRS
- Johann Lavaud, CR CNRS Ecophysiologiste 
Ecophysiologie et biodiversité des microalgues marines/production primaire littorale 
- Benoit Lebreton, MCF Chaire CNRS Ecologue 
Structure et fonctionnement des réseaux trophiques littoraux, flux de matière
- Nicolas Bécu, CR CNRS Géographe
Gestion participative des ressources naturelles, modélisation d’accompagnement

IFREMER Institut Français de Recherche sur l’exploitation de la Mer
- Jean Prou, Directeur de la station IFREMER de La Tremblade Sciences de l’environnement
Capacité trophique des écosystèmes conchylicoles, gestion de l’eau, intégration des savoirs empiriques et scientifiques dans la gouvernance de la 

MMS Mer, Molécules, Santé, EA 2160 Univ. Nantesr
- Vona Méléder, MCF Ecologue 
Ecologie et biodiversité des microalgues, cartographie par télédétection satellitaire
- Pierre Gernez, MCF Ecologue
Ecosystèmes côtiers et estuariens, télédétection de la couleur de l’océan
- Bruno Jesus, MCF Ecophysiologiste
Ecophysiologie du microphytobenthos
- Laurent Barillé, PR Ecologuer
Ecologie des huîtres, production ostréicole

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  Mutation des Territoires en Languedoc 


  Analyse socio-spatiale du Mal-Logementdans l’Hérault

Les métropoles – dont le législateur a conforté le statut en 2014 – sont à nouveau au centre du débat sur la gestion et l’avenir des territoires 1. Au-delà de l‘effet de mode qui veut que toutes les grandes villes prétendent désormais au rang de métropole (étymologiquement : la ville-mère), les géographes observent un processus maintenant ancien de « métropolisation » en France. La politique d’aménagement du territoire (années 1960-1970), la décentralisation et le renforcement de la coopération intercommunales (1980-1990) ont tour à tour accentué ce processus qui désigne un accroissement du poids démographique et économique des plus grandes villes.
Elle amplifie les enjeux d’aménagement « liés à l’étalement urbain, aux mobilités croissantes et à l’augmentation de nuisances 2 » et s’appuie sur « une mise en réseau des principales agglomérations dans laquelle les phénomènes de connectivité tendent à l’emporter sur les relations de proximité 3» . Pour cette raison notamment, « l’espace français doit d’abord être vu comme un réseau plutôt que comme un territoire […]. La territorialité, qui définit des espaces continus et contigus, sans rupture, se retrouve d’abord à l’intérieur des villes, tandis que l’ancienne territorialité rurale, celle des petits pays homogènes et aux limites franches, s’est presque complètement effacée. » (Lévy, 2013, p.54). 
Dans ce contexte, les communes périphériques cherchent aujourd’hui à s’arrimer aux villes-centres pour tirer profit de la compétitivité et l’attractivité métropolitaine. Pour les bourgs et les petites villes situées à l’écart des grandes agglomérations, celles dites de « l’arrière-pays » jadis prospère, le risque est moins d’être absorbé que d’être exclu du développement métropolitain. Aussi, la difficulté consiste à faire valoir l’urgence d’intervenir dans des espaces ruraux devenus des « entre-deux » protéiformes, où les villes sont confrontées au chômage de masse et en corollaire à des taux élevés de vacance des logements, alors même que les pouvoirs publics multiplient les plans en faveur des banlieues : « 80% des pauvres vivent en dehors des ZUS » rappelle une étude prospective sur la géographie prioritaire (Acadie, 2009).
Mutations objectifs1La tertiarisation de l’économie, la désindustrialisation des campagnes et de la modernisation de l’agriculture expliquent l’inversion du rapport ville-campagne (Mathieu, 1998). Et la « renaissance rurale », observée dès les années 1980 (Kayser, 1990 ; Hervieu et Viard, 1996), ne peut masquer cette inversion et les difficultés prêtées aux zones rurales et périurbaines qui accueillent de plus en plus de populations précaires fuyant les grandes villes et les banlieues (Guilluy, 2010). « Cette pauvreté est [donc] largement importée et touche aussi bien les départements comme la Seine-et-Marne et le Val-d’Oise aux confins des banlieues populaires de la région parisienne, que l’Hérault et le Gard qui sont attractifs via le phénomène d’héliotropisme » (Comité d’évaluation et de suivi de l’Anru, 2013, p.79). Le présent programme, mis en place conjointement avec la Fondation Abbé Pierre, porte précisément sur l’analyse socio-spatiale du « Mal-Logement » dans le département l’Hérault en Languedoc-Roussillon.
À l’échelle de la région Languedoc-Roussillon (Gard, l’Hérault, l’Aude, les Pyrénées-Orientales et la Lozère), qui doit faire face à l’accroissement démographique le plus fort de France métropolitaine avec plus de 30 000 habitants supplémentaires par an, l’enjeu du mal-logement n’est pas mince. En effet, « l’accroissement de la population renforce le déséquilibre entre l’offre et la demande, créant du même coup une explosion des prix fonciers et immobiliers, ce qui oblige une part croissante des ménages à trouver de nouvelles solutions pour se loger. Dans le meilleur des cas, ces solutions passent par des relocalisations : toujours plus loin des centres villes (voir le phénomène de périurbanisation de la frange littorale) » (Fondation Abbé Pierre, 2007, p.2). Des studios de vacances, des caravanes et des « cabanes » servent désormais à des familles (mais combien exactement ?) sans logement.
Cette problématique est plus prégnante encore dans le département de l’Hérault, où se concentrent 50% des demandes de logement social de la région 4alors que les prix du foncier et de l’immobilier sont les plus élevés du territoire languedocien après avoir triplé entre 2000 et 2010 5. Au total, en 2013, l'effort de construction de logements sociaux dans le département n’a ainsi permis de répondre qu’à 4 963 demandes sur 32 729 exprimées fin 2012, soit à peine 15% du total des demandes 6 ! Les prix moyens des terrains constructibles atteignent plus de 260 €/m² (mai 2015) et les ressources foncières manquent comme le suggèrent de récents états des lieux relatifs à l’agglomération de Montpellier (Secchi et Vigano, 2013 ; Brun et Hayet, 2014). La crise financière de 2008 a également eu comme partout ailleurs des répercussions sur le marché de la construction de logements neufs au point que les investisseurs privés et les promoteurs immobiliers ont observé une baisse de leur activité. L’endettement des collectivités territoriales et les difficultés politiques et financières de certains opérateurs publics expliquent, enfin, que la situation demeure préoccupante.
Aussi des communes « rurales » ont vu leur population d’origine « urbaine » augmenter de façon significative au cours des vingt dernières années7.Pour maîtriser l’arrivée massive de nouveaux arrivants, les élus locaux conduisent des extensions villageoises controversées, sous la forme de lotissements pavillonnaires. Et pour cause : plus de la moitié des logements dans le département de l’Hérault (50,3% d’après le RGP de 2009 soit 318 441) sont des maisons individuelles ! Parmi ces espaces en mutation, plusieurs semblent « orphelins » de l’action publique parce qu’ils sont situés à l’écart de l’arc littoral et des plaines (Hérault, Orb, etc.). La question de l’aménagement à la fois urbain et territorial y est centrale en raison de leur fréquent sous-équipement, de leur relatif enclavement et, encore une fois, d’une urbanisation par endroit mal maîtrisée. 
Dans le cadre du programme MT[L], l’équipe compte questionner durant 24 mois l'évolution de territoires « ruraux » et opérer un retour sur le processus de métropolisation en conduisant une analyse des logiques à l’œuvre dans le « grand » Montpellier. L’équipe mobilisée propose un zoom sur des petites villes au prisme de l'aménagement et du logement à l’issue de l’examen des statistiques disponibles à l’échelle départementale. Trois d’entre elles, Clermont-l’Hérault, Lodève et Bédarieux sont les « terrains » privilégiés du programme : ces « territoires » ne sont plus dans le péri-urbain mais dans un « entre-deux » qui ne répond pas aux critères d’urbanisation dit « classique » avec une ville centre et des pôles périphériques, mais plusieurs polarités qui se développent de manière détachées les unes des autres.

Mots-clés
logement, transport, métropole, rural, aménagement, urbanisme, politique de la ville, Hérault. 


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Notes
1. [Loi du 27 janvier relative à la modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles. Cette évolution législative s’inscrit dans le prolongement du chantier de la décentralisation et du renforcement des compétences dévolues aux collectivités territoriales. Dès les années 1960, le terme de métropole a été utilisé par l’administration publique. Ainsi, « des études d’armature urbaine menées par la DATAR [devait permettre] de préciser le rôle respectif des villes françaises. Elles [ont débouché] sur la politique des métropoles d’équilibre qui devaient voir renforcer leurs fonctions de services afin de limiter l’influence de Paris. » (Lacaze, p.28, 1995).] 
2. [Source : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/metropolisation
3. [Source : article de Bernard Elissalde http://www.hypergeo.eu/spip.php?article75 consulté le 12 septembre 2014.] 
4. [Source : Analyse de la demande de logements locatifs sociaux en Languedoc-Roussillon DREAL LR (février 2014)] 
5. [Source : Le Prix du Foncier, DREAL LR (août 2014)] 
6. [Source : Analyse de la demande de logements locatifs sociaux en Languedoc-Roussillon, DREAL LR (février 2014)] 
7. [ cf. RGP 1999-2009] 

Mutations partenaire

Reconnue d’utilité publique en 1992, la Fondation Abbé Pierre a pour objet d’agir « pour que les plus défavorisés trouvent à se loger dignement et durablement, quels que soient le montant de leurs ressources et leur situation sociale ». Pour mener son combat contre le mal-logement, la Fondation Abbé Pierre ne cesse de se développer sur tout le territoire.  
À Montpellier, son agence régionale œuvre au quotidien dans les domaines de la construction, de la réhabilitation ou bien encore de l’aide aux personnes défavorisées. Elle cherche également à comprendre des enjeux de société dont elle n’est pas familière comme le mal logement et la montée de la précarité en milieu rural ou « semi rural ». Dans cette perspective, son action repose sur une direction des études laquelle travaille étroitement avec les agences régionales. C’est dans ce cadre que le partenariat entre la FAP et le CNRS a été mis en place.  

http://www.fondation-abbe-pierre.fr

 

 

 

Mutations Volle

Jean-Paul Volle
Agrégé de géographie, Jean-Paul Volle a enseigné à l'université Paul Valéry Montpellier 3. Il a enseigné la géographie régionale et l’aménagement aux côtés de Raymond Dugrand et de Robert Ferras. Il a collaboré au GIP Reclus à Montpellier. Il réalise aujourd’hui des analyses prospectives au sein d’équipes pluridisciplinaires. Dans le cadre du programme, il oriente l’équipe sur les évolutions socio-spatiales des territoires à l’étude qui lui sont familiers, la conseille au plan méthodologique et contribue notamment à la production cartographique. 

Artelia SCOURSIERE

Stéphane Coursière
Titulaire d’un DEA de géographie à l'université Paul Valéry Montpellier 3, il est ingénieur d’étude du CNRS au sein de l’UMR 5281 « ART-DEV » où il collabore avec des enseignants chercheurs en géographie, en aménagement et en urbanisme. Dans le cadre du programme, il assure le traitement cartographique et l’analyse des données sociales et économiques relatives au département de l’Hérault et aux trois secteurs étudiés (Bédarieux, Lodève, Clermont-l’Hérault). Il a publié avec Alexandre Brun en 2014 un article sur l’évolution du rapport entre la ville et l’université. 

Artelia SDALMAR

Sandrine Dalmar
Titulaire d’un diplôme en communication, Sandrine Dalmar est actuellement ingénieure d’étude au CNRS où elle est chargée de l’animation scientifique. Dans le cadre du programme, elle est chargée à l’UMR 5281 « ART-DEV » de recueillir des témoignages d’acteurs locaux et de ménages, et de produire un court documentaire à l’issue de l’exercice en 2016. Elle conseille par ailleurs l’équipe sur la valorisation des résultats et leur mise en commun avec la FAP. 

Mutations Rousson

Fanny Rousson
Titulaire licence professionnelle en gestion et coordination de projets en développement urbain de l’Université Aix-en-Provence (2012), elle est actuellement étudiante en master « Urbanisme et Projet de Territoire » à l'université Paul Valéry Montpellier 3. Dans le cadre du programme, elle est chargée d’études de mars à juillet 2014 à l’UMR 5281 « ART-DEV ». En particulier, elle prépare une bibliographie commentée au sujet du mal logement et des effets de la « métropolisation ». Elle assure aussi l’exploitation des données spatiales à l’échelle des trois secteurs à l’étude dans la perspective d’une analyse diachronique. 

artelia ALEXANDRE BRUN

Alexandre Brun
Maître de conférences en géographie et en aménagement à l’Université Paul Valéry de Montpellier et notamment co-responsable du parcours « Urbanisme et Projet de Territoire » du master d’urbanisme et d’aménagement. Il est membre de l’UMR 5281 « Art-DEV » et chercheur associé au CQEG de l’Université Laval au Québec. Ses travaux de recherche portent sur les politiques de l’eau et le projet urbain. Il est responsable scientifique du programme pour l’UMR « Art-DEV », et plus particulièrement chargé de la prospective urbaine et plus largement territoriale. Il a publié en 2015 dans Grafton et al. Understanding and Managing Urban Water in Transition (Springer). 

Le Comité de pilotage comprend Madame Frédérique Mozer (directrice de l’agence régionale de la FAP), Manuel Domergue (directeur des études), Guy Marion (chargé de mision à l'agence Languedoc-Roussillon), ainsi que les membres de l’UMR impliqués dans la mise en œuvre du programme à savoir Stéphane Coursière (cartographe), Sandrine Dalmar (chargée de communication) et Alexandre Brun (géographe, urbaniste). Le Comité comprend également Jean-Paul Volle (géographe, urbaniste), ancien directeur de l’Unité MTE, et William Hayet (architecte, maître assistant à l’ENSAL). La fréquence de réunion du Comité est prévue à 6 réunions sur 18 mois. L’équipe se réserve la possibilité d’ouvrir le Comité à des enseignants, des étudiants ou des acteurs locaux.

Campagne 2013 Fondation Abbé Pierre : Le Barbecue
 
201520162017
janvierfévrier marsavrilmaijuinjuilletaoutsept.oct. nov.dec.janvierfévrier marsavrilmaijuinjuilletaoutsept.oct. nov.dec.janvier
Production cartographiques à l'échelle de l'Hérault                                            
      Diagnostic territorial à l'échelle de l'Hérault et des 3 zones d'étude                                    
              Enquêtes auprès des acteurs locaux et analyse urbaine                      
                Interviews, réalisation d'une vidéo  
                   
    17 mars : comité de pilotage n°1     15 juin : rapport d'étape n°1 1er juillet : comité de pilotage n°2     15 octobre : comité de pilotage n°3  

15 decembre : comité de pilotage n°4

Séminaire ART-Dev   15 mars : comité de pilotage n°5               Remise rapport final Séminaire fin de programme 15 janvier : comité de pilotage n°6

 

Version pdf du planningVersion pdf du planning

 

Cartographie
Cliquer sur les cartes pour agrandir 

CARTE evolPOP 2012 Dept34 CARTE tempsdeparcoursversBeziers 2015 dept34 CARTE tempsdeparcoursversMontpellier 2015 dept34

Évolution de la population 2012
Hérault
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Temps de parcours vers Beziers 2015 
Hérault

Temps de parcours vers Montpellier 2015 
Hérault

CARTE PetitesVilles Dept34 CARTE Part foyersfiscaux imposables 2013 Dept34 CARTES Resultats departementales

Petites villes 
Hérault
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Part foyers fiscaux imposables 2013 
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Résultats des élections départementales 2015 dans les cantons de l'Hérault

CARTE logements vacants 2011 Dept34 CARTES Elections europeennes  

Logements vacants 2011
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Élections européennes 2014 

  • BERGER Alain, ROUZIER Jacques. L'espace rural, élargissement conceptuel et orientation méthodologique. Économie rurale. 1995. n°229, 3-10. 
  • BRUNET Roger et al. Les villes « européennes », Paris, La Documentation Française. 1989. 
  • COMMISSARIAT GENERAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE, service de l’observatoire et des statistiques. Chiffres et statistiques, le parc locatif social au 1er Janvier 2014. 2014. 
  • COMMISSARIAT GENERAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE, service de l’observatoire et des statistiques. 2013. Chiffres et statistiques, Le parc locatif des bailleurs sociaux au 1er Janvier 2013. 
  • DI MEO, Guy, Les métropoles des pays développés, BAILLY Antoine, FERRAS Robert et PUMAN Denise, Encyclopédie de géographie. Paris Economica, 1995. 697-712
  • DI MEO, Guy. Géographie sociale et territoires. Paris. Nathan. 1998.
  • DI MEO, Guy, Introduction au débat sur la métropolisation : une clé de lecture pour comprendre l’organisation contemporaine des espaces géographiques. UMR 5185 ADES CNRS Université de Bordeaux. 2008. En Ligne « https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00281654/document »
  • DREAL, Languedoc Roussillon. Habitat et logement, synthèse en Languedoc Roussillon. DREAL. 2014.
  • DREAL, Languedoc Roussillon. Observations et statistiques, la demande locative sociale en Languedoc Roussillon fin 2009. DREAL. 2010.
  • DUBY Georges (dir). Histoire de la France urbaine, la ville aujourd’hui. Paris. Seuil Tome 5. 1985.
  • FONDATION L’ABBE PIERRE. L’état du mal logement en Franc, 19e rapport annuel. Fondation Abbé Pierre. 2014.
  • FONDATION L’ABBE PIERRE. L’état du mal logement en France 20e rapport annuel. Fondation Abbé Pierre. 2015 
  • FONDATION L’ABBE PIERRE. L’état du mal logement en France, Languedoc Roussillon, un éclairage régional. Fondation Abbé Pierre. 2015.
  • GUIEYSSE Jean-Albert, et REBOUR Thierry. Crise, métropolisation, et aménagement. Cybergeo : European Journal of Geography, 2014. En ligne « http://cybergeo.revues.org/26636 »
  • GUILLUY, Christophe. Les métropoles et la France périphérique : une nouvelle géographie sociale et politique. Le Débat, 2011 n°166. 
  • GUILLUY, Christophe. Fracture Française. Paris. Flammarion. 2013.
  • GUILLUY, Christophe. La France Périphérique, comment on a sacrifié les classes populaires. Paris. Flammarion. 2014.
  • HERVIEU Bertrand, VIARD Jean, Au bonheur des campagnes (et des provinces), Marseille, L'Aube, 1996.
  • INSEE. Pauvreté des travailleurs et bas salaires dans l’Hérault. 2009. 
    En ligne : « http://insee.fr/fr/insee_regions/languedoc/themes/synthese/syn0905/syn0905.pdf »
  • INSEE. Près d’un habitant du Languedoc-Roussillon sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. 2011.
    En ligne : «http://insee.fr/fr/insee_regions/languedoc/themes/chiffres/chi1103/chi1103.pdf »
  • INSEE. Montpellier agglomération : Quels scénarios démographiques à l’horizon 2030 ? 2012. En ligne : « http://insee.fr/fr/insee_regions/languedoc/themes/synthese/syn1202/syn1202.pdf »
  • INSEE, Analyses. Avec la crise économique, la pauvreté et les inégalités s’accentuent dans l’Hérault. 2015. En ligne : « http://www.insee.fr/fr/insee_regions/languedoc/themes/insee-analyses/la_ina_07/la_ina_07.pdf »
  • KESTEMAN Nadia, Le mal logement, Paris. Caisse Nationale des Allocations familiales. 2014
  • LEVY, Jacques. Réinventer la France : Trente cartes pour une nouvelle géographie. Editions Fayard. Paris. 2013.
  • MATHIEU Nicole. La notion de rural et les rapports ville-campagne en France Les années quatre-vingt-dix. In: Économie rurale. 1998. N°247, 11-20
  • MORA Olivier. Les nouvelles ruralités à l'horizon 2030, Versailles Cedex, Editions Quæ « Update Sciences & Technologies », 2008. 112 pages.
  • SIBERTIN-BLANC Mariette. « La culture dans l’action publique des petites villes. Un révélateur des politiques urbaines et recompositions territoriales », Géocarrefour, 2008. Vol. 831 5-13.
  • VANONI Didier, ROBERT Christophe. Logement et cohésion sociale, le mal logement au cœur des inégalités. Paris. La Découverte. 2007.
  • VIARD, Jean. Nouveau portrait de la France : La société des modes de vie. Nouvelles éditions de l’Aube. Paris. 2012.
Alexandre Brun, coordinateur du programme

Université Montpellier Paul Valéry
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Auteur tableau aquarelle : Dominique Ganibenc 
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Cartographie : Stéphane Coursière

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La renaturation des rivières urbaines dans le GRANDLYON

Le programme a pour objectif de contribuer à la traduction opérationnelle du concept de renaturation. Appliqué aux eaux en zones urbaine, il se situe à la croisée des enjeux de l’eau, de l’écologie et de l’urbanisme. C’est notamment pourquoi il s’inscrit dans la continuité des expérimentations de renaturation de rivières urbaines déjà conduites dans plusieurs métropoles et villes moyennes à l’étranger (Séoul, Québec, Yonkers, etc.).

Le programme recouvre de multiples objectifs allant de la lutte contre les îlots de chaleurs urbains, au développement des continuités à la fois urbaines et écologiques entre les quartiers, jusqu’à l’optimisation de la gestion des eaux pluviales et des eaux d’exhaures.

Dans le cadre de la première phase confiée au CNRS et à ARTELIA – d’une durée de deux ans (2015-2016) – le programme porte principalement sur la conception d’un plan d’aménagement et de restauration en faveur de la Rize, une petite rivière urbaine désormais disparue.

Dans une seconde phase, plus opérationnelle, ce plan pourrait être mis en œuvre à titre expérimental sous l’impulsion de la Direction de l’Eau, une fois débattu avec les experts, les élus lyonnais et les riverains.

Le programme associe à ce stade des universitaires et des praticiens et relève d’une approche pluridisciplinaire.
Il a été mis en place sous l’impulsion d’Hervé Caltran (Grand Lyon) dans le prolongement, d’une part, d’un atelier d’urbanisme relatif à la renaturation du Ruisseau des Planches à Vaise (2014), et, d’autre part, d’un stage effectué au sein de la direction de l’eau du Grand Lyon (Evariste Casetou, 2013).
Le bureau d’étude ARTELIA « Ville et Transport », représenté par Laetitia Simonot, est associé à l’UMR 5281 ART Dev pour conduire ce programme dirigé par Alexandre Brun.


artelia ALEXANDRE BRUN

Alexandre Brun

Alexandre Brun est géographe et urbaniste, maître de conférences à l’Université Paul Valéry et notamment en charge du parcours Urbanisme et projet de Territoire. Il est membre de l’UMR 5281« ART-DEV » et chercheur associé au CQEG (HEI) à l’Université Laval au Québec.


Artelia Paul Garcias

Paul Garcias

Paul Garcias est architecte urbaniste diplômé de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier. Il a collaboré au sein de diverses agences d’architecture dans l’Hérault et le Gard, ainsi que dans des collectivités territoriales. Il participe actuellement au programme de recherche sur la renaturation des rivières urbaines du Grand Lyon (2015-2016) au sein de l’UMR 5281 « ART-DEV ». Il a en particulier en charge la faisabilité urbaine du projet expérimental.


Artelia SCOURSIERE

Stéphane Coursière

Stéphane Coursière est cartographe, ingénieur d’étude à l’UMR 5281« ART-DEV ». Il appuie ponctuellement l’équipe dans la production cartographique. Il a publié en 2014 avec Brun A. et Casetou E. au sujet de la Renaturation du Ruisseau des Planches.


artelia Kelian Rivaton

Kelian Rivaton

Kelian Rivaton est chargé d’études stagiaire au sein du laboratoire « ART-DEV ». Titulaire d’une licence Pro CTEH, il suit une formation en master 1 (Parcours « Urbanisme et Projets de Territoire ») à l’Université Paul Valéry de Montpellier. Il a déjà travaillé dans le domaine de l’aménagement en Languedoc-Roussillon, notamment sur l’évaluation du projet du quartier environnemental Desjardins.


Artelia Llewella Malefant

Llewella Malefant

Llewella Malefant est diplômée en licence de géographie option aménagement. Elle est urbaniste stagiaire. Elle appuie l’équipe pour deux mois (mai-juin 2015) à l’UMR 5281« ART-DEV » dans la production des maquettes d’études et les relevés de terrain.


Artelia SDALMAR

Sandrine Dalmar

Sandrine Dalmar, chargée de la communication à l’UMR 5281 ART-Dev. Elle contribue à la valorisation des résultats des travaux de recherche et participe à l’animation du site web de l’Unité.

Gouvernance

Le Comité de Pilotage comprend les personnels du Grand Lyon, d’Artelia et du CNRS impliqués dans le programme à savoir Laetitia Simonot et Jerôme Albertin (Artelia), Hervé Caltran et Elisabeth Sibeud (Grand Lyon) et Alexandre Brun (UPV, CNRS). La composition du Comité est provisoire ; celui-ci est appelé à être élargi en fonction des enjeux et des thématiques. Le premier Comité de pilotage a eu lieu à Lyon le vendredi 22 mai 2015.

Planning

artelia planning vignette

Selon sa direction de l'eau, le Grand Lyon dans sa politique d’aménagement urbain promeut la gestion des eaux pluviales à la parcelle et les techniques alternatives afin de limiter les volumes d’eaux pluviales collectés dans les réseaux.
Si la mise en œuvre de ces techniques s’avère possible en milieux périurbain ou urbain peu dense il en va autrement dans les centres urbains denses. Le Grand Lyon étudie donc la possibilité de mettre en œuvre une solution novatrice dans un milieu urbain dense et en plein renouvellement (Part Dieu, Lyon Confluence, Rives de Saône, etc.). Dans cette perspective, le Grand Lyon mobilise des expertises variées allant de l'ingénierie de réseaux à l'approche urbanistique et paysagère des eaux urbaines.
En outre, les exigences réglementaires de gestion par temps de pluie (Directive ERU et l’arrêté ministériel du 22/06/2007 en cours de révision) et la Directive Cadre sur l’Eau d’octobre 2000, fixent des objectifs d’équipements et d’atteinte du bon état (écologique et chimique) des milieux récepteurs dès 2015.
Enfin, la « grenellisation » des documents d'urbanisme, la GEMAPI (2014-2015) et la mise en œuvre du « plan Climat » contribuent à un bouleversement du paysage institutionnel.

Dans ces conditions, la question de la renaturation des eaux urbaines constituent une priorité pour les métropoles - en particulier à Lyon où la ville s'est à nouveau progressivement tournée vers ses fleuves depuis l'adoption du Plan Bleu en 1991. Dans le cadre du renouvellement des quartiers centraux et péricentraux, véritables laboratoires urbains pour la ville de demain, il s'agit d'optimiser la gestion des eaux pluviales, la résilience aux inondations, la réduction des ilots de chaleur à travers l'élaboration d’un projet d'aménagement durable.
La Rize, aujourd'hui disparue au profit d'un réseau d'égouts, compte parmi les rivières urbaines susceptibles de faire l'objet d'un tel projet, et ce d'autant que le Grand Lyon a confié à ARTELIA des études préalables à son réaménagement dans le but d'améliorer la gestion quantitative des eaux pluviales et des eaux d’exhaure du quartier afin de réduire les volumes d’eaux pluviales strictes collectées dans les réseaux unitaires et de traiter la pollution pluviale rejetée au milieu récepteur.

La méthodologie repose de façon schématique sur :
(1) un examen de la littérature
(2) l'analyse géo-historique des tracés (aujourd’hui supposés) du cours d'eau
(3) l’analyse des contraintes techniques et foncières dans le périmètre à l'étude, qu’il conviendra de justifier
(4) l'élaboration d'un projet type d'aménagement durable sur la base de scénarios questionnés et approfondis à partir d'un ou deux sous-secteurs.
Artelia Carte Lyon 1800 Artelia Carte Lyon 1900 Artelia Carte Lyon 2000

Lyon 1800

Lyon 1900

Lyon 2000

Artelia Carte topo bassin versant Artelia carte synthese Rize Artelia carteLyon peage

Topographie bassin versant

La Rize synthèse

Carte de Lyon (étude sur les fleuves, busé, air libre)

Artelia Plan masse    

Plan masse - équipe CNRS

 
  • Adam, P., Debiais, N., Malavoi, J.-R., 2007, Manuel de restauration hydromorphologique des cours d’eau, Agence Seine Normandie, Biotec, 64p.
  • Agence d’urbanisme, 1998, Plan bleu : orientations d’aménagement des berges du Rhône et de la Saône, Lyon, 67p.
  • Amoros C., Petts G.E., 1993, Hydrosystèmes Fluviaux, coll. « Écologie », Masson, 300 p.
  • Astrade L., 1995, Les berges d’un cours d’eau stable soumis aux pressions d’un environnement périurbain : la Saône aval (France), Annales de Géographie, 581/582, pp.148-162
  • Beauchêne S., 2007, Les fleuves dans le processus de métropolisation de l’agglomération lyonnaise, Ministère Culture et Communication, Direction de l’architecture et du patrimoine, Mission à l’ethnologie, 31p.
  • Bethemont J., Pelletier J., 1990, Lyon et ses fleuves : des berges perdues aux quais retrouvés, Revue de Géographie de Lyon, vol. 65, 4, pp. 300-307.
  • Bethemont J., Vincent A.,1998, La revitalisation des fronts d’eau urbains dans la vallée du Rhône, Revue de Géographie de Lyon, vol. 73, n°4, pp. 331-335.
  • Bonin S., 2008, Fleuves en ville : enjeux écologiques et projets urbains, Strates [En ligne], 13 | 2007, mis en ligne le 22 octobre 2008, Consulté le 26 novembre 2012. URL : http://strates.revues.org/5963
  • Bonnefond, M., Fournier, M., 2013, Maîtrise foncière dans les espaces ruraux. Un défi pour la renaturation des cours d’eau, Économie rurale, 334, pp.55-68.
  • Bravard J.-P., 2006, La lône, l’aménageur et le géographe, 40 ans de gestion du Rhône, Bulletin de l’Association de Géographes Français, 3, p. 368-380.
  • Bravard J.-P., Bravard J.-P. (dir), 2000, Les extrêmes hydrologiques : handicaps réductibles ou composantes patrimoniales à sauvegarder ?, Les régions françaises face aux extrêmes hydrologiques, gestion des excès et de la pénurie, Paris, SEDES, pp. 5-15.
  • Brocard G., 2001, Les cours d’eau non domaniaux du territoire communautaire, Les Cahiers Millénaire3, n°25, Lyon et ses fleuves, les retrouvailles, p.58.
  • Brun A., 2011, Politique de l’eau et aménagement urbain. La renaturation de la rivière Saint-Charles à Québec, Norois, n°219, 2011/2, pp. 89-107.
  • Brun, A., Lasserre, F. (dir), 2012, Gestion de l’eau. Approche territoriale et institutionnelle, Québec, PUQ, coll. « Géographie contemporaine », 228p.
  • Caltran H., 2013, Principes de fonctionnement écologique et définition des enjeux d’aménagement relatifs aux petites rivières urbaines du Grand Lyon, Champs-sur-Marne, Séminaire « Eau et Aménagement », master spécialisé d’action publique, PontsParistech, 13 février 2013.
  • Carré C. dir (2011) Les petites rivières urbaines d’Île de France, Agence de l’eau Seine-Normandie, coll. « Programme interdisciplinaire sur l’environnement Seine », vol.11, 86p.
  • Communauté urbaine de Lyon, 1991, Plan Bleu. Schéma d’aménagement des berges de la Saône et du Rhône, Lyon, Agence d’Urbanisme de Lyon, 77 p.
  • Communauté urbaine de Lyon, 1998, Orientations d’aménagement des berges du Rhône et de la Saône. Département développement urbain - Service Espace public, 69 p.
  • Findley, S.J., Taylor, M.P., 2006, Why rehabilitate river system ?, Area, vol.38, 3, pp.312-325.
  • Foret C., 2012, Le fleuve Rhône : généalogie d’une recherche de pointe, M3, n°3, Société urbaine et action publique. Pour penser les mutations, pp.73-77.
  • Gerardot C., 2004, Les élus lyonnais et leurs fleuves : une reconquête en question, Géocarrefour, vol. 79, n°1, p. 75-83 (78).
  • Gibert J., Dole-Olivier M.J., Marmonier P., Vervier P. 1990, Surface water-groundwater ecotones, Naiman R.J. et Décamps H. (dir), The ecology and management of aquatic-terrestrial ecotones, UNESCO, Paris, pp. 199-226.
  • Gillilan, S., Boyd, K., Hoitsma, T.& Kauffman, M., 2005, Challenges in developing and implementing ecological standards for geomorphic river restoration projects: a practitioner response to Palmer et al. (2005), Journal of Applied Ecology, 42, pp.223-227.
  • Grand Lyon, 2007, Synthèse du groupe de travail « Fleuves », cabinet cristal, 47p.
  • Grand Lyon, 2008, Plan directeur de Vaise, Didier-Noël Petit architecte-urbaniste conseil, 129p.
  • Grand Lyon, 2010, Définition d’une politique pour la gestion des ruisseaux non domaniaux et du ruissellement sur le territoire de la Communauté Urbaine de Lyon, livret de synthèse des actions en cours, Direction de l’Eau, Service études, 48p.
  • Grand Lyon, 2011, Bassin versant du ruisseau des Planches : connaissance du risque inondation et propositions d'aménagement, Safege, 18p.
  • Henry, C.P., Amoros, C. & Roset, N., 2002, Restoration ecology of riverine wetlands: a 5 year post-operation survey on the Rhône River, France. Ecological Engineering, 18, pp. 543–554.
  • Holmes, N.T.H., 1998, A Review of River Rehabilitation in the UK, 1990–1996, Technical Report W175, Environment Agency, Bristol, UK Idarraga, F.L.F., 2010, Urban river restoration in Colombia. Building and Environment, Science and Technology Department, Politecnico di Milano, 313 p.
  • Illies, J., Botosaneanu L., 1963, Problèmes et méthodes de la classification et de la zonation écologique des eaux courantes, considérées surtout du point de vue faunistique, Mitteilungen Internationale Vereinigung für Theoretische und Angewandte Limnologie, 19, pp.1-57.
  • Junk W.J., Bayley P.B., Sparks R.E., 1989, The flood pulse concept in river-floodplain systems, Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, 106, pp.110-127.
  • Kern, K., 1992, Restoration of lowland rivers: the German experience. Lowland Floodplain Rivers: Geomorphological Perspectives (eds P.A.Carling G.E. Petts), pp.279–297.
  • Kondolf G. M. et al., 2006, Process-based ecological river restoration: visualizing threedimensional connectivity and dynamic vectors to recover lost linkages, Ecology and Society, 11(2): 5 [online] http://www.ecologyandsociety.org/vol11/iss2/art5/
  • Lechner G., 2006, Le fleuve dans la ville. La valorisation des berges en milieu urbain, ministère de l’Équipement et du Logement, direction de l’Urbanisme de l’Habitat et de la Construction, 120p.
  • Malavoi J.R., Bravard J.-P., 2010, Eléments d’hydromorphologie fluviale., coll. « Comprendre pour agir », 224p.
  • Michelot J.-L., 2001, Quelle place pour la nature, le long des fleuves lyonnais ?, Les Cahiers Millénaire3, n°25, Lyon et ses fleuves, les retrouvailles, p.45-47.
  • Morandi, B.,Piégay, H., 2011, Les restaurations de rivières sur Internet : premier bilan, Natures Sciences Sociétés, 2011/3 Vol. 19, p. 224-235.
  • Morley, S.A., Karr, J.R., 2002, Assessing and restoring the ealth of urban stream in the Peuget Sound Basin, Conservation Biology, 16, pp.489-509.
  • Observatoire partenarial lyonnais en économie, 2009, Les territoires de l’économie lyonnaise, Lyon 9ème, Agence d’urbanisme, 14p. Office national de l’eau et des milieux aquatiques, 2010, La restauration des cours d’eau. Recueil d’expériences sur l’hydromorphologie, 85p.
  • Palmer, M.A., et al., 2005, Standards for ecologically successful river restoration, Journal of Applied Ecology, 42, pp.208-217. Scherrer, F., 2004, L’eau urbaine ou le pouvoir de renaturer, Cybergeo : European Journal of Geography[ En ligne], Dossiers « L'eau à la rencontre des territoires », consulté le 08 juin 2013. URL : http://cybergeo.revues.org/1496
  • Zedler, J.B., 2000, Progress in wetland restoration ecology, Trends in Ecology and Evolution, 15, pp. 402–407
Alexandre Brun, coordinateur du programme

Université Montpellier Paul Valéry
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Conception-réalisation-design : Sandrine Dalmar et Alexandre Brun

Crédits photos : Alexandre Brun

Cartographie : Kelian Rivaton

LE RUISSEAU DES PLANCHES, un projet de territoire durable
Secteur Bourbonnais - Souvenir - Marietton
Brun A. Garcias P. Rivaton K. et Maléfant L. (2015) Projet d’aménagement durable du Ruisseau des Planches, CRPEE - Grand Lyon - ZABR - UMR ARTDEV, 52p.

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RAPT - Rénovation de l’Action Publique Territoriale au Brésil

2008-2011 (Phase 1) - 2011-2014 (Phase 2)

La complexification et la diversification des politiques publiques ont conduit à les analyser comme des constructions sociales, des ensembles complexes d’accords institutionnalisés entre agents économiques et sociaux aux intérêts plus ou moins divergents. 
La notion d’action publique a été mobilisée pour rendre compte du renouvellement des processus de gestion de la décision politique : la fragmentation des lieux de pouvoir, l’interdépendance entre acteurs, l’existence d’affrontements ou de conflits d’action publique, de plus en plus canalisés au sein d’espaces de négociation promus pour accueillir les mécanismes de concertation. 
Ce projet part de l’hypothèse que la production de connaissances sur ces mécanismes qui relèvent du dialogue, de jeux de pouvoirs en situation d’interdépendance, d’asymétrie de statuts ou de compétences et d’interactions entre acteurs hétérogènes peut être enrichie par une double démarche :

  1. l’analyse des configurations sociales des acteurs (individuels, institutionnels) impliqués dans ces processus de concertation 
  2. leur accompagnement par une démarche de suivi-évaluation des mécanismes d’interaction, d’apprentissages, d’aide à la décision mais aussi de tensions.

L’objectif de recherche est de produire des connaissances et références sur les dynamiques de mobilisation de ces nouveaux instruments par les organisations rurales par la systématisation, l’analyse et la capitalisation de leurs expériences au sein de dispositifs de concertation de l’action publique territorialisée.

Deux questions intéressent la compréhension et l’amélioration des mécanismes de concertation de l’action publique territorialisée de développement rural dans les pays des Suds. 
Comment des expériences vécues par les acteurs au sein des dispositifs de concertation peuvent être utilisées pour améliorer les propositions d’instruments de politiques mieux adaptés ? 
Comment les acteurs de la société civile s’approprient, adaptent et façonnent les instruments de politique publique dans le cadre des espaces de concertation pour les adapter à leurs contextes ?

  • Production de connaissances sur la nature des projets et dispositifs territoriaux et les modalités de leur régulation ; les capacités de négociation des acteurs de la société civile et les mutations du clientélisme et paternalisme au sein des arènes de concertation
  • Production d’outils d’analyse et d’accompagnement des dispositifs de concertation 
  • Références et propositions pouvant contribuer à renforcer les capacités des acteurs de la société civile à mobiliser les dispositifs de négociation et à améliorer leur fonctionnement 
  • Contributions et valorisations au sein du DP en réseau Politiques Publique et Développement Rural en Amérique Latine.

Coordinateurs du projet
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., sociologue

Financement du projet
CNPQ, CAPES, Cirad, MAE

Membres ART-Dev impliqués
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Cirad
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., doctorante
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., doctorant 
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., post-doctorant 
Lea Egret, Etudiante master Monptellier III

Membres d’autres laboratoires 
Pierre Valarie, Cepel
Jean François Tourrand, Cirad Green

Au Brésil
Mario Avila, Enseignant-chercheur UnB-FUp
Laura Duarte, Enseignant-chercheur UnB-CDS
Doris Sayago, Enseignant-chercheur UnB-CDS
Marcel Bursztyn, Enseignant-chercheur UnB-CDS
Jose-Humberto V Xavier et Marcelo Gastal, Embrapa Cerrados

2009 Seminário Internacional : Desenvolvimento sustentável e territórios rurais : que desafios para a ação pública ? Campina Grande, 23-26 septembre 2009

2010 Mesa Redonda Novos populismos e velhos paternalismos na América Latina in VIII Congresso Latinoamericano de Sociologia Rural , Recife, Brasil, 15-19 Nov. 2010

2012 Seminário sobre Politicas de Desenvolvimento Territorial, Brasília, 23/05/2012, Universidade de Brasília, Neagri, Propaga, MDA, CNPq, XVIII World Congress of Rural Sociology, Lisboa, 29/07/12 -4/08/12, WG 34 : Civil society participation in sustainable territorial development approaches

  • Sabourin E. 2012. Organisations et sociétés paysannes : une lecture par la réciprocité. Versailles, Ed. Quae, 264p. Collection « Synthèses » 
  • Ávila, M. L. de ; Sabourin, E. ; Goulart, L. M. ; Massardier, G. 2011. ATER e desenvolvimento territorial : Uma análise crítica, Revista de Extensão e Estudos Rurais Journal of Extension and Rural Studies, V1. n° 2 - pp 427-448 ; ISSN 2179-5320
  • Avila ; M. ; Massardier, G. ; Sabourin, E. 2011. Lire les effets de la participation des agriculteurs au « développement rural durable territorial » au Brésil par les trajectoires, les projets et les coalitions de politiques publiques in Journée d’étude « Les effets de la participation » GIS Démocratie et Participation, EHESS, Paris, 21 octobre 2011, 19p.
  • Lecuyer L. ; Massardier, G. Sabourin, E. 2012. La démocratie participative comme mécanisme de production d’un sous-système d’élites de la participation in Colloque S’engager dans les espaces publics, Paris, CEPI, Sciences Po -5-6 avril 2012
  • Massardier G ; Lecuyer L. , Sabourin E. 2012 The participation of family farmers in the ’territorial sustainable rural development’ program in Brazil : Trajectories, projects, networks in XVIII World Congress of Rural Sociology, Lisboa, 29/07/12 -4/08/12, WG 34 : Civil society participation in sustainable territorial development approaches 
  • Massardier G., Sabourin E., Lecuyer L., De Avila M.L. 2012. La démocratie participative comme structure d’opportunité et de renforcement de la notabilité sectorielle. Le cas des agriculteurs familiaux dans le Programme de Développement Durable des Territoires Ruraux au Brésil, territoire Aguas Emendadas. Participations, v1, n° (2) : 78-102.
  • Sabourin, E. 2012. Difusão das políticas de desenvolvimento territorial na America Latina : entre circulação de normas e policy transfer in Seminário sobre Politicas de Desenvolvimento Territorial, Brasília, 23/05/2012, Universidade de Brasília, Neagri, Propaga, MDA, CNPq, 
  • Sabourin E. 2011 Teoria da reciprocidade e sócio-antropologia do desenvolvimento in Sociologias, Porto Alegre, V 13, no 27, mai./ago. 2011, p. 24-51 ISSN 1517-4522
  • Sabourin, E. 2011. Paternalismo e clientelismo como efeitos da conjunção entre opressão paternalista e exploração capitalista, Estudos Sociedade e Agricultura, vol. 19, n°1/2011, pp 5-29, Rio de Janeiro
  • Sabourin, E. 2008 Renovação dos instrumentos de desenvolvimento e extensão rural : que métodos e políticas públicas in Cadernos do CEAM, Ano VII, n°29, sept. 2007 : 79-102
  • Sabourin, E. 2008, Desenvolvimento Territorial : um olhar sobre as experiências da França e do Brasil, in Seminário “Desenvolvimento territorial e ocupação do solo : tendências e desafios para o Noroeste de Minas”, Unai-MG (Brazil), 22-25 de outubro de 2008, 20p 
  • Sabourin, E. 2008, Interação entre os dispositivos coletivos e institucionais dos agricultores e políticas públicas de desenvolvimento rural in : II Colóquio “ Agricultura e Desenvolvimento Rural”, Porto Alegre, UFRGS-PGDR, 26-28 nov. 2008 , 15p.
  • Sabourin E. ; Duarte, L.M. G. ; Massardier, G. 2008, Configuration of Social Actors among negotiation arenas for rural territorial development project in Brazil : in XII World Congress of Rural Sociology, Goyang, Korea - July 6th –11th, 
  • Sabourin, E 2008 Oppression paternaliste et exploitation capitaliste au Brésil in Lusotopie, 15, vol 2, nov. 2008

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BLUEGRASS - Les luttes pour "l’or bleu". Des mobilisations locales pour l’eau à l’internationalisation des politiques environnementales.

2014-2017

L’eau est une des ressources les plus précieuses d’aujourd’hui et de demain. Si elle s’est avérée le plus souvent un vecteur de coopération entre des acteurs très divers, la plupart des observateurs s’accordent désormais à dire que les conflits environnementaux autour de sa gestion devraient se durcir et entraîner des risques importants d’agitation politique et sociale dans les grandes villes du Sud et du Nord. Les tendances préoccupantes se manifestent par des phénomènes aussi diversifiés que les sécheresses et les inondations, une volatilité accrue dans la disponibilité de la ressource, la fonte des glaciers, ou encore la pollution de la ressource due aux rejets industriels, à l’agriculture intensive et à l’absence d’assainissement adéquat. Cependant, la manière exacte dont la montée des défis environnementaux renforce et/ou modifie les conflits traditionnels autour de l’eau a reçu remarquablement peu d’attention. Il faut en partie l’attribuer à un biais techniciste qui conduit les analystes à se focaliser sur l’identification des “bonnes pratiques” et sur les efforts de régulation conjoint entre les multiples “parties prenantes”, plutôt que de reconnaître la prévalence et la normalité des tensions, elles-mêmes largement évolutives. Par contraste, le projet BLUEGRASS se propose de comprendre la logique changeante des conflits hydriques face à de nouveaux défis environnementaux, à l’intersection de deux processus : le changement climatique et les dynamiques urbaines.

Pour mener cette tâche à bien, il entend plus particulièrement analyser les aléas de l’exportation du “modèle français” et de ses deux dimensions essentielles (une gestion à l’échelle du bassin versant et la promotion du secteur privé pour minimiser les externalités environnementales) dans les Amériques. La recherche se focalisera sur la manière dont les problèmes environnementaux sont socialement perçus et construits, mais aussi stratégiquement appropriés et utilisés par une large variété d’acteurs. Les études de cas incluront des villes et leur région rurale environnante, dans l’ouest des Etats-Unis, au Mexique, en Colombie, en Bolivie et au Brésil. Ce dernier pays fera l’objet d’une attention particulière, car le projet s’insère dans le cadre d’un accord bilatéral entre l’ANR et la FAPESP. D’un point de vue méthodologique et théorique, cette proposition comparative comptant un petit nombre réduit de cas entend mettre en lumière les interaction entre différente coalitions multi-niveaux, en analysant à la fois la fabrication d’un modèle global, les appropriations et les réactions nationales diverses à ces modèles, et la dynamique des conflits locaux. Le projet s’attachera également à souligner les interactions entre les problématiques rurales et urbaines, et à documenter la persistance des tensions entre les villes et leurs périphéries.

Pour plus d’informations sur le Programme ANR BlueGrass, voir le Carnet de Recherche Hypotheses.org : bluegrass.hypotheses.org

Coordinateur du projet
Franck POUPEAU - iGLOBES

Financement du projet
Programme ANR SocEnv 2014-2017

Membres ART-Dev impliqués

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. – Politiste, CIRAD, UMR 5281 ART-Dev - Coordinateur Scientifique 
  • Lala RAZAFIMAHEFA – Ingénieure statisticienne CNRS, UMR 5281 ART-Dev

Partenaires

iGlobes - UMI 3157 CNRS-University of Arizona

  • Franck POUPEAU - Sociologue, directeur de recherche CNRS, UMI iGlobes - Coordinateur Scientifique 
  • Eliza BENITES - Sociologue, doctorante CREDA-iGlobe 
  • Murielle COEURDRAY – Sociologue, chercheur UMI iGlobes 
  • Joan CORTINAS – Sociologue, doctorant UMI iGlobes 
  • Brian O’NEIL – Sociologue, doctorant UMI iGlobes

CEMCA - UMIFRE 16 / USR 3337 MAEDI-CNRS

  • Delphine MERCIER - Sociologue, chercheur CNRS LEST/CEMCA - Coordinatrice Scientifique 
  • Jade LATARGERE – Géographe, doctorante CEMCA-CITERES 
  • Amaël MARCHAND – Sociologue, doctorant CEMCA-LATTS 
  • Lorena TORRES - Sociologue, doctorante CEMCA-UNAM

UMR G-eau - CIRAD

  • Pierre-Louis MAYAUX – Politiste, chercheur CIRAD

UMR GRED - IRD-UPVM3

  • Eric MOLLARD – Sociologue et Géographe, chercheur IRD

IFEA Colombie - UMIFRE 17 / USR 3337 MAEDI-CNRS

  • Camilo GUERRERO – Sociologue, doctorant IFEA

IFEA Pérou - UMIFRE 17 / USR 3337 MAEDI-CNRS

  • Jérémy ROBERT – Géographe, chercheur IFEA - Coordinateur Scientifique

UFRJ - Universidade Federal do Rio de Janeiro

  • Ana Lucia BRITTO – Géographe, professeur UFRJ 
  • Suya QUINTSIR – Géographe, doctorante UFRJ

USP - Universidade de São Paulo

  • Pedro Roberto JACOBI – Sociologue, Professeur USP - Coordinateur Scientifique 
  • Paulo Antonio DE ALMEIDA SINISGALLI – Economiste de l’écologie, ingénieur USP 
  • Estela ALVES – Architecte, doctorante USP 
  • Natalia DIAS TADEI – Sociologue, doctorante USP 
  • Ana Paula FRACALANZA – Géographe, professeur USP 
  • Leandro Luiz GIATTI – Biologiste, professeur USP 
  • Ana SANCHES – Tourisme, Master USP 
  • Izabela SANTOS – Environnementaliste, Master USP

Equipe de Gestion, Diffusion et Valorisation du Programme

  • Viviane ANDRE - Responsable de l’Administration, Gestion et Coopération CEMCA 
  • Rodolfo AVILA – Graphiste, Maquettiste et Numérisation CEMCA 
  • Eliza BENITES - Coordination Technique ANR BlueGrass – iGlobes 
  • Gérard BORRAS – Directeur IFEA 
  • Martin DEL CASTILLO – Publication CEMCA 
  • Colette DORESSOUNDIRAM – Gestion et Partenariat iGlobes– Secrétaire de direction et 
  • Delphine MERCIER – Chercheur LEST/CEMCA 
  • Clémentine MORICEAU - Communication CEMCA 
  • Kattia PACHECO – Communication IFEA 
  • Franck POUPEAU – Directeur iGlobes 
  • Jérémy ROBERT – Chercheur IFEA
  • 12-15 mai 2014 : Kick-Off Meeting (Université d'Arizona, USA)
  • 7-10 septembre 2015 : Progress Meeting (CEMCA, Mexico DF, Mexique)
  • 15-18 juin 2016 : Progress Meeting (IFEA, Lima, Pérou)
  • 6-10 novembre 2017 : Final meeting (USP, São Paulo, Brésil)

 Enquêtes agricoles
« Place de l’agriculture pour les ménages ruraux résidant en tribu » & « Les raisons de sortie de l’agriculture depuis le dernier RGA »

2011-2013

Que représentent réellement les activités agricoles (culture et élevage) et de prélèvement (pêche, chasse) des familles résidant en tribu en Nouvelle-Calédonie ? Quels sont les volumes récoltés, pêchés, chassés et le nombre d’animaux élevés ? Quels rôles ces activités jouent-elles pour ces familles ?

Les données statistiques disponibles ne permettaient pas de répondre entièrement à ces questions. La nécessité de poser un regard nouveau et original sur ces activités a abouti en 2011 au projet d’une grande enquête sur le poids et les fonctions de l’agriculture en tribu.

Cette enquête a été conduite par l’Institut Agronomique néo-Calédonien (IAC), avec l’appui du Cirad-ES. Durant près de cinq mois, une équipe de chercheurs et d’enquêteurs a parcouru la Nouvelle-Calédonie afin de rencontrer les membres des ménages résidant en tribu. À partir d’un échantillon aléatoire représentatif, 1 786 ménages répartis dans 288 tribus (sur les 340 que compte le pays) ont ainsi été interrogés, soit 12,6% de la population totale des ménages en tribu. Les données ont ensuite été extrapolées pour fournir des résultats globaux qui valent pour l’ensemble de la population considérée. Les données recueillies concernent les activités des ménages durant l’année 2010, de janvier à décembre.

Au-delà de l’intérêt statistique et de l’aspect novateur d’une telle enquête à une telle échelle, les apports principaux concernent la méthodologie expérimentée et les questions d’hybridation entre marchand et non marchand.

Les enquêtes déclaratives, balayant toutes les activités articulées des ménages, ont permis d’obtenir des résultats quantitatifs comparables aux enquêtes usuelles de budget consommation par pesée et passages réguliers. C’est une avancée considérable qui offre des perspectives en termes de renouvellement, sur des bases crédibles, de la nature des informations collectées. Par suite, cela offre la possibilité d’un regard renouvelé sur les statistiques agricoles, en mesurant les consommations et les dons et en mettant en lumière les agricultures peu connectées au marché et leurs logiques.

L’étude renseigne aussi sur des systèmes d’activités se déclinant différemment selon les territoires. Ces spécificités renvoient à des logiques, des besoins et des contraintes différenciés de la population. Dans un contexte de fort et rapide développement économique, être attentif aux activités effectuées en tribu, c’est aussi prendre la mesure des changements sociaux à l’œuvre et de leurs implications. L’enquête dévoile finalement une agriculture source de richesse et de cohésion sociale pour les familles des tribus et qui pourrait être davantage porteuse de développement économique à condition de valoriser ses propres forces : proximité, valeur environnementale et culturelle des savoir-faire et des produits, qualité sanitaire.

Coordinateurs du projet

- Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., CIRAD ES 
- Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., CIRAD ES

Financement du projet

Province Nord de la Nouvelle-Calédonie, Province des Iles Loyauté de la Nouvelle-Calédonie, Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Membres ART-Dev impliqués

  • Sourisseau Jean-Michel, chercheur, économiste 
  • Bélières Jean-François, chercheur, économiste 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., chercheuse, géographe, IAC-axe III

Partenaires en France

  • UMR MOISA - CIRAD 
    Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., économiste, chercheur
  • UMR TETIS - CIRAD 
    Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., statisticien, chercheur

Partenaires à l’étranger

Guyard Stéphane, sociologue, chercheur, IAC
Apithy Leïla, agronome, ingénieure, IAC

  • Colloque « L’enquête de terrain en Nouvelle-Calédonie et dans le Pacifique : Enjeux théoriques, méthodologiques et éthiques », CORAIL, IRD, UNC, Nouméa, 15-16 novembre 2012.
  • Conférence : « Activités agricoles et de prélèvement des familles résidant en tribu », Koné, centre Au Pitiri, le 11 avril 2013.
  • Conférence : « Activités agricoles et de prélèvement des familles résidant en tribu » Nouméa, Centre Tjibaou, le 30 avril 2013. Passage également dans des émissions radio et télé sur Calédonie première.
  • Guyard, S., Apithy, L., Bouard, S., Sourisseau JM., Passouant, M., Bosc, PM., Bélières, JF., 2013. L’agriculture en tribu. Poids et fonctions des activités agricoles et de prélèvement. IAC-Cirad, Pouembout, 8 p.
  • Guyard, S., Apithy, L., à paraître. Enquêtes statistique sur les activités agricoles des ménages résidant en tribu : retour sur la relation à l’enquêté. In Actes du colloque « L’enquête de terrain en Nouvelle-Calédonie et dans le Pacifique : Enjeux théoriques, méthodologiques et éthiques », CORAIL, IRD, UNC, Nouméa, 15-16 novembre 2012.

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Dynamiques des territoires et des écosystèmes et représentations des évolutions induites par les changements globaux

2013-2016

Le projet vise à identifier les capacités d’adaptation des acteurs impliqués dans la production alimentaire déployant des stratégies à un niveau intermédiaire mais faisant face à des changements globaux. L’objectif est de partir des contraintes vécues par ces acteurs et de les analyser à travers les prismes théoriques des recompositions territoriales, du pluralisme légal, de la political ecology et de l’épistémologie civique. En effet, les acteurs font face simultanément à un bouleversement du foncier, de leur gestion de l’eau et des écosystèmes dans lesquels ils vivent et travaillent. Ce projet utilise comme point d’entrée l’étude de huit cas aux développements économiques très différents : la région Ampefy à Madagascar, les régions Lango et West Nile en Ouganda, la région de Al Auja en Cisjordanie, la vallée de la Beka au Liban, le bassin du Naivasha au Kenya, le Téraï au Népal, la Bretagne en France et l’Andalousie en Espagne. Tous ces sites connaissent aujourd’hui un bouleversement de leurs rapports au foncier et à la production agricole. Six d’entre eux connaissent aussi une mutation profonde des choix technologiques concernant le rapport à l’eau. Trois d’entre eux connaissent un phénomène d’investissements étrangers à grande échelle. L’un de ces cas se situe au cœur de flux migratoires importants. Six connaissent une tension entre agriculture de subsistance et agriculture commerciale ainsi qu’une compétition foncière entre d’une part les notables locaux revendiquant la loi nationale sur l’eau et la terre et d’autre part les populations utilisant des méthodes de tenure foncière traditionnelles. Partout l’agriculture est intensive, et parfois industrielle, elle modifie le rapport à l’eau, altère l’écosystème et les activités humaines qui lui sont liées. Partout, les consultants internationaux jouent un rôle essentiel dans les choix techniques concernant l’eau réalisés soient par les investisseurs étrangers, par les gouvernements nationaux ou les investisseurs locaux. Tous ces cas d’étude se situent au cœur d’une co-construction des techniques et des sciences concernant l’eau et l’agriculture où l’on voit interagir des acteurs déployant des stratégies à un niveau d’échelle allant du très local jusqu’au global.

Ce projet réunit quatre unités de recherche : ART-Dev à Montpellier, le Centre d’Etudes Himalayennes (CNRS) à Villejuif, GECKO à Nanterre et l’UMR GESTE (Irstea-ENGEES) à Strasbourg, pour réaliser une étude interdisciplinaire. La géographie, la science politique, l’agronomie, la sociologie des sciences, la géomatique sont combinées pour explorer le rapport à la terre et à l’eau dans la production agricole au sein des huit cas d’études. Ce projet est ambitieux par son innovation sur le plan théorique qui se veut en outre être nourri des différents cas étudiés. Il est original dans sa combinaison des thématiques de gestion du foncier et de l’eau, explorant les mécanismes de recomposition territoriale et politique concernant l’eau et la terre. Ceci permet d’étudier la co-construction de la société et de la nature à l’œuvre. C’est bien dans ces mécanismes de co-construction que l’on peut identifier les capacités d’adaptation des acteurs aux changements globaux.

Le projet se déroulera sur quatre ans et utilisera comme point d’entrée l’étude de régions d’un niveau d’échelle intermédiaire au sein de 7 États aux développements économiques très différents dans une perspective comparatiste. Il se structure en cinq tâches et 18 activités.

Il s’agit d’une approche de recherche qualitative et non pas quantitative. L’échantillon de cas d’étude sélectionnés est motivé par des considérations théoriques plutôt que par le type de représentativité requis par un échantillon statistique. La valeur de l’échantillon théorique réside dans sa capacité à nous permettre de tester et d’améliorer le cadre théorique que nous utilisons. C’est ce que cherche à réaliser ce projet puisqu’il vise la compréhension des mécanismes de recomposition territoriale et politique concernant l’eau et la terre. Ceci permet d’identifier les mécanismes qui fournissent à la production agro-alimentaire des capacités d’adaptation face aux changements globaux. Cependant, des méthodes de recherche quantitatives seront aussi utilisées à l’intérieur d’un même cas d’étude. Enfin, la production des cartes pour tous les cas d’étude par un même cartographe contribuera à faciliter la comparaison.

La tâche 1 combine la géographie, la science politique et l’agronomie pour explorer le rapport à la terre et à l’eau au sein de sept régions d’un niveau d’échelle intermédiaire où se déploient une grande variété de dispositifs de production agricole.

La tâche 2 combine la sociologie des sciences et la political ecology, qui ont en commun de récuser le caractère apolitique de l’analyse environnementale, afin d’analyser de façon critique le discours scientifique et technologique concernant l’eau déployé par les investisseurs, les consultants et les gouvernements ainsi que des écueils rencontrés par les développements hydrauliques des uns et des résistances des autres.

La tâche 3 utilise une approche de géographie pour explorer la façon dont, dans chaque cas d’étude, les choix des filières, de technologies concernant l’eau, de rapport au foncier constituent autant de processus de territorialisation et, aujourd’hui, de reterritorialisation. Un espace devient un territoire lorsqu’il est approprié par un groupe social. Les bouleversements au sein des sept cas d’étude aujourd’hui impliquent tous des tentatives d’appropriation de la terre, de l’eau, des filières par divers groupes sociaux.

La tâche 4 combine une approche de science politique et de sociologie des sciences pour analyser l’épistémologie civique à l’œuvre dans l’élaboration des pratiques de production alimentaire. Le terme d’épistémologie civique désigne l’ensemble des pratiques institutionnalisées au travers desquels les membres d’une société testent et déploient les énoncés scientifiques utilisés pour l’élaboration de choix collectifs. Ceci permet d’explorer la co-construction des dispositifs de production agricole et du discours scientifique qui le sous-tend. C’est dans ces mécanismes que l’on identifiera les capacités d’adaptation aux changements globaux des acteurs déployant leurs stratégies à des échelles locales ou intermédiaires.

Ce projet vise à identifier les capacités d’adaptation des acteurs impliqués dans la production alimentaires déployant des stratégies à un niveau intermédiaire mais faisant face à des changements globaux. Ces acteurs sont impliqués à la fois dans l’agriculture familiale, qu’elle soit vivrière ou commerciale, et dans l’agriculture productiviste et commerciale. Ce projet est ambitieux et novateur pour les raisons suivantes : 

  • En se focalisant sur les acteurs actifs à un niveau intermédiaire, il permet d’identifier les mécanismes qui peuvent se révéler des adaptations durables aux changements globaux. De nombreuses études se penchent sur les mécanismes au niveau global. Mais les acteurs actifs au niveau global réagissent à la dégradation d’un environnement local en déplaçant leur activité ailleurs dans le monde. Ceci est impossible pour les acteurs actifs à un niveau intermédiaire. 
  • En intégrant des cas où les acteurs font face au bouleversement du rapport au foncier, au bouleversement du rapport à l’eau et à des changements écosystémiques importants, notre étude permet d’aborder les changements globaux tels qu’ils sont affrontés par les acteurs actifs au niveau intermédiaire. En effet, ceux-ci font face à tous ces changements simultanément. Les études explorant ces bouleversements les traitent d’ordinaire de façon isolée. 
  • En intégrant des approches d’agronomie, de géographie, de cartographie, d’ethnographie, de sociologie des sciences et de science politique, ce projet permet d’identifier les mécanismes élaborés par les acteurs eux-mêmes qui se révèlent être des adaptations. Ceci permet aussi d’évaluer si ces adaptations sont durables ou non. Jusqu’ici les seules études qui se sont penchées sur l’eau en interaction avec le bouleversement du foncier utilisaient uniquement une approche juridique.

Les produits finaux : 

  • La production de cartes à plusieurs échelles géographiques décrivant l’interaction entre les pratiques, l’eau, la terre, les populations et les acteurs.
  • L’analyse des interactions sociales, politiques et économiques déterminant les évolutions observées et donc, les processus de territorialisation qui en découlent. 
  • L’analyse de l’épistémologie civique via laquelle chacune des sociétés étudiées dans nos cas d’étude réagit aux nouvelles technologies concernant l’eau, l’agriculture et l’élevage pour se les approprier et les contrôler.

Ces produits finaux permettront la comparaison entre les sept cas d’études. Ceci permettra d’identifier les capacités d’adaptation face aux changements globaux des acteurs à l’œuvre dans chaque cas d’étude tout en contribuant à développer des alternatives à cette fiduciarisation globale de la production alimentaire que l’on constate aujourd’hui.

Les verrous scientifiques et techniques à lever seront, d’une part, lors des interactions entre chercheurs de diverses disciplines une adaptation puis une intégration des approches, vocabulaire et méthodes des autres afin d’enrichir les études de cas et, d’autre part, le temps d’accès aux données, qui est souvent long et peut donc se révéler être réalisé à différentes échelles de temps selon les études de cas.

Responsable du projet
Julie Trottier, politiste, DR CNRS, UMR ART-Dev

Financement du programme
ANR

Membres ART-Dev

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Directrice de recherche CNRS - Sciences politiques, responsable du projet au sein de l’UMR ART-Dev 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Maître de conférences - Géographie 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Chargé de Recherche CNRS - Géographie

Partenaires
Ce projet réunit quatre unités de recherche : 

  • ART-Dev UMR 5281, Montpellier, 
  • le Centre d’Etudes Himalayennes (CNRS), Villejuif, 
  • GECKO, Nanterre 
  • UMR GESTE (Irstea - ENGEES), Strasbourg

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., Directrice de recherche CNRS - Sciences politiques, responsable du projet, affectée au Centre de Recherche Français à Jérusalem (CRFJ)

Territoires, pauvreté et politiques publiques : une approche par la territorialisation

2013-2016

L’objet du projet est la relation existant entre les processus de territorialisation de l’action publique et les processus socio-économiques influençant d’une façon ou d’une autre les phénomènes de pauvreté et d’exclusion sociale. C’est ce lien entre une construction territoriale et des dynamiques sociales qui se trouve au cœur du projet de recherche, en s’appuyant sur une mise en perspective des caractéristiques de la pauvreté et de l’exclusion sociale et des effets des politiques publiques au Brésil et en France.

Il s’agit d’un sujet complexe et d’actualité. Complexe en premier lieu du fait du caractère multidimensionnel de la pauvreté rurale : sociale, économique, psychologique, culturelle, environnementale, lequel implique la multiplication des angles d’analyse disciplinaires. C’est également un sujet d’actualité, tant au Brésil qu’en France, mais pour des raisons différentes. Au Brésil, les gouvernements qui se sont succédé depuis 2003 ont donné lieu à une création inédite d’initiatives publiques visant à réduire la pauvreté et l’inégalité en zones rurales et urbaines, cherchant en cela à infléchir une réalité structurelle intrinsèquement liée au modèle de développement national. En France, la croissance de la pauvreté et de l’exclusion sociale est assez largement imputable à une situation économique défavorable et aux effets pervers et complexes de l’action publique et des dynamiques sociales. Ces deux situations renvoient à des interdépendances distinctes entre pauvreté, société et action publique dont le rapprochement et l’analyse détaillée Implique un construit méthodologique approprié alimentant conjointement un programme de recherche et de formation universitaire. Il s’agit en effet d’approfondir les méthodes d’analyse de la pauvreté compte tenu du contexte (national, régional, local), de son expression et de mieux appréhender la relation entre cette pauvreté et les actions et politiques territorialisées.

Du point de vue de la recherche, le projet comporte deux volets distincts et complémentaires. Le premier, (plus développé par l’équipe française) considère le lien territorialisation et pauvreté - exclusion comme un objet de recherche en soi. Il s’agit de comprendre les facteurs, qui, dans chacun des contextes retenus, agissent (en l’accroissant ou en la réduisant) sur l’évolution de la pauvreté et de l’exclusion, tout en modifiant certaines de leurs caractéristiques. En partant du même lien, le second volet se focalise sur les politiques publiques et l’action collective. Il s’agit ici de construire des typologies d’intervention et de dégager des enseignements afin de proposer des recommandations d’action. Dans les deux cas, observations empiriques et réflexions méthodologiques devront être intimement associées dans le but de constituer une base consolidée pour l’évolution des connaissances sur le sujet et de formation de doctorants et de jeunes chercheurs.

La forte médiatisation du thème de la réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale au niveau international a donné lieu à une production abondante de normes, d’injonctions et à la multiplication de programmes ou de politiques nationales de réduction de la pauvreté et des inégalités. Ces référentiels et ces injonctions puisent une grande partie de leurs argumentaires dans les logiques macro-économiques et dirigent l’essentiel des recommandations à la relance de la croissance économique, à la réduction de l’inégalité et à bonne gouvernance des ressources publiques.

Constat est fait que cet argumentaire accorde peu de place à la dimension territoriale de la pauvreté. Pour beaucoup d’économistes, notamment au sein des institutions financières internationales qui incitent les États nationaux à engager ou à renforcer des politiques de lutte contre la pauvreté, il n’existerait pas de lien particulier entre pauvreté et territoire. La pauvreté résulterait d’abord de phénomènes globaux, liés à une insuffisance de revenu, amplifiée par des problèmes de discrimination et d’exclusion. Les effets spatiaux seraient dus essentiellement au manque d’opportunité de revenu, en lien avec l’absence d’accès aux ressources productives au niveau local. Ils doivent ainsi être traités par des politiques économiques de stimulation de la croissance accompagnées par des politiques de transferts sociaux (lutte contre la pauvreté absolue) et des politiques de transferts de richesse (réduction de l’inégalité).

Sans contester l’importance du niveau de richesse et de la structure de sa répartition sur la formation de la pauvreté, le rôle du territoire est néanmoins souligné tant par les acteurs politiques et sociaux que par des chercheurs en sciences sociales. Les pays sont de plus en plus nombreux à mettre en place des programmes de développement territorial, tel que le Brésil, dont ils attendent des effets positifs en termes de réduction de la pauvreté et de l’inégalité. De façon cohérente avec cette approche, des géographes économiques ont depuis longtemps identifié les phénomènes de concentration spatiale des activités économiques et souligné les processus d’innovation auxquels ils donnent souvent lieu. Dans un autre registre, des géographes sociaux ont mis en évidence la façon dont la marginalisation sociale s’imprimait dans l’espace et conformait des territoires d’exclusion ou de pauvreté.

De fait, le lien entre pauvreté, territoire, et politique publique est complexe et difficile à appréhender dans sa globalité du fait de son caractère multidimensionnel et interactif. Son appréhension nécessite, en premier lieu, de croiser les approches disciplinaires : économie, sociologie, géographie, science politique, pour identifier et interpréter les relations en jeu tant les explications disciplinaires sont imbriquées. Il renvoie ensuite à des dynamiques sociales et économiques qui s’inscrivent dans le temps selon des temporalités plus ou moins longues, spécifiques des contextes dans lesquels elles s’inscrivent. C’est ce double processus - imbrication des clés de lecture disciplinaire et contextualisation spatiale et temporelle de la pauvreté - qui justifie ce projet. Celui-ci vise à croiser les regards d’équipes universitaires et à mettre en perspective des contextes aux problématiques spécifiques, mais complémentaires d’un point de vue heuristique et académique.

Le projet s’organise en 2 axes :

  • Axe 1. Leviers, dispositifs et instruments de l’action publique au niveau territorial 
  •  Axe 2. Jeux d’acteurs, effets de lieu

Les attendus du projet sont d’approfondir et de partager la connaissance des processus de territorialisation de la pauvreté et des actions visant à la réduire.

Par territorialisation, il est fait référence à la fois aux processus de valorisation ou de dévalorisation des espaces par les institutions à travers des actions publiques qui s’inscrivent dans le temps long et aux processus de construction de représentations socio-spatiales collectives qui structurent les rapports entre les individus. Sur le premier point, la territorialisation est relative d’une part, à la façon dont les actions publiques ou collectives sont mobilisées (participation), appliquées, interprétées et éventuellement détournées par les acteurs territoriaux concernés par la pauvreté et l’exclusion et, d’autre part, aux effets de leur application sur l’évolution du territoire d’action. Sur le second point, la territorialisation se réfère aux processus de construction sociale de la pauvreté et aux effets de lieux dans la construction des représentations et des normes sociales de légitimation de la pauvreté.

Cet objectif général se décompose entre quatre objectifs spécifiques : 

  • Créer de la connaissance sur le lien territoire-pauvreté /exclusion en construisant un cadre théorique et méthodologique propre et en l’illustrant avec des observations réalisées au Brésil et en France ; 
  • Compléter la formation d’étudiants de haut niveau (Master 2, doctorants, post-doctorants) et renforcer les compétences de jeunes chercheurs en matière d’analyse des processus de territorialisation de la pauvreté et de l’exclusion ; 
  • Rédiger des publications sur le thème du lien territorialisation, pauvreté et politiques publiques ;
  • Faire émerger un programme de recherche à partir de l’identification de questions et d’hypothèses de recherche et de concepts opérationnels.

Coordinateurs du projet
France : Geneviève Cortes, PR UM3 et Phillipe Bonnal, chercheur CIRAD 
Brésil : Sergio Pereira Leite, UFRRJ/CPDA Rio de Janeiro

Financement du projet
Programme CAPES-COFECUB

Membres ART-Dev impliqués
En France, le projet est coordonné par l’UMR ART-Dev (Acteurs, ressources, territoires dans le développement).

Chercheurs et enseignants-chercheurs :

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (UM3, UMR ART-Dev) : Maître de conférences, géographe, 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (UM1, UMR ART-Dev) : Maître de conférences, économiste 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (UPVD, UMR ART-Dev) : Professeur des universités, géographie 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (UM3, UMR ART-Dev) : Professeure des universités, géographe 
  • Gilles Massardier (Cirad, UMR ART-Dev) : Maître de conférences (Lyon 2), détaché au Cirad, politiste 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (UM3, ART-Dev) : Maître de conférences, géographe, 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (UM3, UMR ART-Dev) : Maître de conférences, géographe, 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (Cirad, UMR ART-Dev) : Chercheur Cirad, agro-économiste 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (Cirad, UMR ART-Dev) : Chercheur Cirad, sociologue, professeur invité à l’UnB (Brésil) 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (UM3, UMR ART-Dev ; UnB) : Chercheuse CNRS, géographe, professeure invitée à l’UnB (Brésil).

Doctorants :

  • Lauren Lescuyer (Science Politique, UM1) 
  • Flavio Eiro (EHESS) 
  • James Tiburcio (UM3, ED 60)

Post-doctorants :

  • Holimalala Randriamanampisoa (UM1)

 

Partenaires à l’étranger

Au Brésil, le projet est coordonné par le programme de 3ème cycle de sciences sociales en développement, agriculture et société (CPDA) de l’Université Fédérale Rurale de Rio de Janeiro. Deux programmes de 3ème cycle de l’Université Fédérale de Santa Catarina (UFSC) sont associés au projet : le Programme Agro-écosystèmes et le Programme d’Economie.

Chercheurs et enseignants-chercheurs :

  • Ademir Antonio Cazella (UFSC-PPAGR) : professeur associé, Agro-économiste 
  • Lauro Francisco Mattei (UFSC – PPE) : Professeur associé, Economiste 
  • Leonilde Sérvolo de Medeiros (UFRRJ-CPDA) : Professeur associé, sociologue 
  • Nelson Giordano Delgado (UFRRJ-CPDA) : Professeur associé, économiste 
  • Renato Sergio Jamil Maluf (UFRRJ-CPDA) : Professeur associé, économiste 
  • Sérgio Pereira Leite (UFRRJ-CPDA) : Professeur associé, économiste et sciences sociales

Etudiants Master :

  • André Laskos (PPAGR/UFSC) 
  • Luiza Zitzke (PPAGR/UFSC) 
  • Tamissa Godoi (PPAGR/UFSC) 
  • Eduardo Beskow (PPE/UFSC) 
  • José Renato Porto (CPDA/UFRRJ)

Doctorants

  • Andreia Tecchio (CPDA/UFRRJ) 
  • Josiane Weidig (CPDA/UFRRJ) 
  • Carla Morsch (CPDA/UFRRJ) 
  • Daniela Pacífico (CPDA/UFRRJ) 
  • Mariana Santarelli (CPDA/UFRRJ)

Post-doctorants

  • Catia Grisa (CPDA/UFRRJ) 
  • Silvia Zimmermann (CPDA/UFRRJ) 
  • Ademir Antonio Cazella (PPAGR/UFSC) : professeur associé 
  • Lauro Mattei (PPE/UFSC) : professeur associé
  • Séminaire de lancement du projet, 17 et 18 octobre 2013, Site ART-Dev, Montpellier, France. 
  • Séminaire « Discussion et analyse des instruments de politiques territoriales de lutte contre la pauvreté », 2014, CPDA-UFRRJ, Brésil. 
  • Séminaire « Jeux d’acteurs et effets de lieux », Site ART-Dev, Montpellier, France. 
  • Séminaire final, 2015, CPDA-UFRRJ, Brésil.
  • BONNAL, P., LEITE, S. P. 2011. Análise comparadas de Políticas Agrícolas. Uma agenda em transformação. Ed. Mauad X.
  • BONNAL, P. ,DINIZ, C. O. TONNEAU, J.-P. SIDERSKY, P. 2007. As dinâmicas sociais locais em auxilio às políticas públicas : caso do município de Lagoa Seca no Agreste paraibano. In J.-P Tonneau et E. Sabourin. 2007. Agricultura familiar interação entre Políticas Públicas e Dinâmicas Locais, ensinamentos a partir de casos. UFRGS. 261-281p.
  • CAZELLA, A., BONNAL, P., MALUF, R., S. 2009. Agricultura familiar : multifuncionalidade e desenvolvimento territorial no Brasil. Rio de Janeiro : Mauad X.
  • GIBAND, D. 2012. Les villes de la diversité. Territoires du vivre ensemble. Paris : Economica- Antropos.
  • SABOURIN, E. 2007. Paysans Du Brésil : Entre échange marchand et réciprocité. Paris : Ed. QUAE.
  • SABOURIN, E. 2011. Sociedades e organizações camponesas : uma leitura através da reciprocidade, Porto Alegre : Edit. UFRGS.
  • SELIMANOVSKI C. 2008. La frontière de la pauvreté, Rennes : Presses Universitaires de Rennes.
  • SELIMANOVSKI C. 2009. Effets de lieu et processus de disqualification sociale. Le cas de Strasbourg et du Bas-Rhin. Espace populations sociétés.
  • SELIMANOVSLI, C. 2008. La frontière de la pauvreté. Rennes : Presses Universitaires de Rennes.

France : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., CIRAD 
Brésil : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., UFRRJ/CPDA Rio de Janeiro

DELOCAT - Développement économique local et capital territorial en France et en Hongrie : une approche institutionnaliste

2014-2015

Le projet de recherche vise à analyser et évaluer les dotations en capital territorial dans les espaces ruraux en France et en Hongrie. Il sera mené en étroite collaboration entre deux équipes de recherche appartenant à MTA et au CNRS.

Le projet s’inscrit dans le contexte du renouvellement des théories du développement économique aux échelles régionale et locale. A des politiques de développement régional conçues et impulsées d’en haut, mises en œuvre par un pouvoir central redistribuant stimulants et moyens financiers, sont venues se substituer des approches fondées sur une mobilisation des ressources et un renforcement du potentiel endogène (théorie de la croissance endogène formulée par les tenants de la « Nouvelle économie géographique », Porter, Krugman). La théorie du développement territorial défendue par Storper met plus particulièrement l’accent sur les ressources relationnelles, non marchandes, en lien avec les propriétés sociales des réseaux d’acteurs économiques. Celui-ci a été réinterprété dans les dernières décennies sous la forme de capital social (Putnam, 1993), capital relationnel (Camagni, 1999) et capital territorial (Camagni, 2009). Selon Camagni, « le capital territorial peut être défini comme l’ensemble de nature différente qui caractérise les territoires".

Le projet de recherche sera organisé comme suit :

La première étape sera consacrée à un bref examen du cadre conceptuel et théorique tel qu’il est définit dans une perspective institutionnaliste par les tenants de l ’« économie de la proximité » (Pecqueur, Zimermann). Par conséquent, nous aborderons les principaux problèmes de mesure affectant les composantes matérielles et immatérielles du « capital territorial » que nous souhaitons évaluer.

Ensuite, afin d’identifier les indicateurs caractéristiques des ressources matérielles et immatérielles du capital territorial, nous proposons de collecter et de traiter des données empiriques à l’échelle de territoires fondés sur des partenariats locaux (« groupes d’action locale" sélectionnés et financés par l’Union européenne dans le cadre du programme de développement local LEADER.

Notre objectif est d’évaluer le capital territorial dans différents contextes économiques et sociaux et son impact sur le développement économique local.

Voir en ligne : Projet détaillé

Coordinateurs du projet

  • Pascal CHEVALIER, UMR 5281 (France) 
  • Peter Pola, MTA/RKK (Hongrie)

Financement du projet

Programme bilatéral France-Hongrie CNRS/MTA-RKK 2014-2015

Membres ART-Dev impliqués

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., géographe, MCF HDR, Université Montpellier III, UMR 5281 ART-Dev 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., économiste, MCF, Université Montpellier III, UMR 5281 ART-Dev 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., ingénieure statisticienne, CNRS, UMR 5281 ART-Dev

Partenaires Hongrie

  • Péter Póla, PhD, économiste 
  • Viktor Varjú, PhD, géographe-sociologue 
  • Cecilia Mezei, PhD, économiste 
  • Andrea Suvák, jeune chercheur, économiste

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BATRAM – Bassins transfrontaliers au carrefour de la coopération et des conflits en Mésoamérique

2012-2015

Ce programme international de coopération scientifique propose de s’intéresser aux dynamiques de conflits et de coopération sur les bassins hydrographiques transfrontaliers en Mésoamérique (sud du Mexique et Amérique centrale). L’approche par bassin est particulièrement intéressante dans la mesure où cet espace naturel devenu territoire de gestion renvoie aux enjeux institutionnels, politiques, sociaux et environnementaux des questions d’accès et de partage des ressources [1]. En ce sens, il est à la fois un cadre d’analyse de ces enjeux mais aussi un objet d’étude en tant que tel. La gestion de l’eau par bassin transfrontalier tente de dépasser le cadre de gestion national et reconstruit des espaces de gouvernance. Dans le monde, il existe 277 bassins hydrographiques transfrontaliers [2] (aire de drainage délimitée par les eaux superficielles qui coulent vers un cours d’eau principal et dont le territoire s’étend au-delà des frontières d’un Etat). 24 se trouvent en Mésoamérique [3], dans lesquels coulent 13 fleuves internationaux (qui marquent la frontière) et un grand nombre de cours d’eau transfrontaliers. L’ensemble représente approximativement 10,7% de la superficie des bassins transfrontaliers du monde.

Le thème des bassins transfrontaliers en Amérique centrale et à la frontière sud du Mexique est fondamental pour cette région mais peu connu au dehors. S’il est certain que la région mésoaméricaine ne comprend ni les principaux cours d’eau mondiaux, ni les bassins hydrographiques les plus étendus de la planète, l’importance de ces bassins est pourtant cruciale pour son développement. Sur ces bassins se localisent des villes importantes, les principales zones agricoles d’exportation, des ressources hydriques fondamentales pour l’approvisionnement domestique, pour la production d’électricité et des axes de navigation et de flux commerciaux transfrontaliers. Ces bassins présentent une continuité culturelle et de ressources naturelles qui débordent les limites des frontières politiques. Cependant, ils correspondent aussi à des aires de concentration de pauvreté, qui accusent d’importants retards en matière d’accès aux services publics, en particulier eau potable et assainissement. Nonobstant leur caractère stratégique, ces territoires se retrouvent le plus souvent à l’écart des dynamiques actuelles de développement [4].

La coopération en matière de bassins transfrontaliers apparaît aujourd’hui comme un élément prioritaire dans les agendas nationaux et internationaux des politiques de l’eau. Jusqu’à une date récente, le Mexique a montré peu d’intérêt en la matière, hors de la dynamique qu’il partage avec les Etats-Unis sur leur frontière commune. Le PICS se propose donc d’aborder un thème peu médiatisé au sud du Mexique mais pourtant éminemment stratégique pour ce pays et les Etats voisins centraméricains. Il est d’ailleurs possible de déceler récemment dans l’aire mésoaméricaine une série de tentatives de coopérations de différentes natures qui constituent des perspectives encourageantes malgré les conflits récurrents. Les initiatives de coopération observables mettent en exergue les défis qui se posent pour la gestion des ressources hydriques transfrontalières et composent donc un contexte très illustratif sur ce thème.

Le morcellement politique de la Mésoamérique et son histoire récente lourde de conflits ont engendré un intérêt appuyé pour la question des frontières dans cette région [5]. Plus récemment, et dans toute l’Amérique latine, le thème de la coopération transfrontalière s’affirme comme un objet notable d’attention [6]. Si les dynamiques de conflits et de coopération sont par conséquent connues dans leurs grandes lignes, notamment dans leur dimension historique, leurs ressorts exacts et leurs impacts territoriaux contemporains sont loin d’avoir été analysés de façon systématique. Dans ce contexte, le programme propose une approche à la fois sociologique, géographique et politique des dynamiques que connaissent les bassins transfrontaliers de la région mésoaméricaine à partir de trois objectifs :

  • Caractérisation sociopolitique et spatiale des conflits sur les bassins transfrontaliers en Mésoamérique 
  • Analyse des dynamiques de coopération spécifiques aux bassins transfrontaliers 
  • Réflexion sur la dimension politique et sociale de la gestion des bassins transfrontaliers

Pour les deux premiers objectifs, il s’agira de saisir le positionnement des différents acteurs : Etats, gouvernements locaux, comités binationaux de bassins, populations, sans oublier les nouveaux acteurs transnationaux (banques et agences de développement, ONG) qui feront l’objet d’une attention particulière. L’analyse transversale des programmes de coopération existants sur les bassins transfrontaliers étudiés permettra d’en dégager les objectifs de ces programmes, leurs contenus préétablis ainsi que leurs périmètres et leurs conditions d’implémentation qui détermine leur dimension adaptative.

A l’échelle internationale prédomine aujourd’hui une vision technique, voire « techniciste » de la gestion des bassins. Le projet a ainsi pour troisième objectif de mettre l’accent sur la dimension politique et sociale de la gestion des bassins, en particulier transfrontaliers, déjà soulignée dans plusieurs études récentes [7].

Les différents volets de questionnements appellent nécessairement des observations fines de terrains à partir d’enquêtes menées auprès des acteurs de la frontière, donnant une large part aux méthodes qualitatives de collecte de d’information. La recherche utilisera les méthodes d’analyse structurale des réseaux sociaux (densité des réseaux, distance entre acteurs et interconnexions, alliances et positions de « centralité » des acteurs...)[8]. Compte tenu de l’apport des travaux menés antérieurement par les équipes partenaires, il apparaît pertinent de porter une attention plus particulière à sept bassins de la région, choisis en fonction de leur superficie et caractère stratégique pour certains Etats, des tendances au conflit ou des modalités de la coopération observées : les bassins des ríos Suchiate et Usumacinta (Mexique-Guatemala), Hondo (Mexique-Belize), Lempa (Guatemala-Honduras-El Salvador), Goascorán (Honduras-El Salvador), San Juan (Nicaragua-Costa Rica), et Sixaola (Costa Rica-Panama). Une attention particulière sera apportée à la réflexion sur des grilles d’analyse communes à partir des différentes études de terrains mais aussi des différentes disciplines représentées, ceci tant au niveau théorique que méthodologique.

L’une des originalités de l’étude sera, d’une part, de pouvoir compléter les connaissances fragmentaires qui existent ces bassins versants transfrontaliers, et d’autre part de pouvoir comparer des problématiques communes en matière de conflits et de coopération aux frontières, ainsi que de mettre en évidence certaines dynamiques frontalières spécifiques en raison des contextes historiques et spatiaux, des protagonistes et des interactions politiques observés.

Le programme se proposera non seulement d’analyser la problématique en matière de conflits et de coopération sur ces bassins peu connus mais aussi de croiser le regard avec des expériences étudiées au Mexique sur la frontière nord lors de certaines rencontres scientifiques. L’objectif est de mettre à profit les expériences des participants sur différents terrains et différents contextes institutionnels [9].

Notes de fin :

[1] Ghiotti Stéphane (2007), Les territoires de l’eau. Gestion et développement en France, Paris, CNRS Editions, coll. Espaces et milieux, 264 p ; Delli Priscoli, Jerry, et Aaron T. Wolf. (2007), Managing water conflicts : Dispute resolution, public participation, and institutional capacity-building. Cambridge, UK : Cambridge University Press) ; Savenije H., Van der Zaag P. (2000), “Conceptual Framework for the management of shared river basins ; with special reference to the SADC and EU”, Water Policy, n°2, pp. 9-45.

[2] Total actualisé établi par l’Université de l’Oregon (De Stefano et al., 2009), auquel on ajoute un bassin de plus car la base de données considère les bassins des cours d’eau Usumacinta et Grijalva comme un seul bassin, alors que pour le Guatemala et le Mexique il s’agit de deux bassins distincts (depuis 2009). De Stefano L., de Silva L., Edwards P. y Wolf A.T. (2009), Updating the International Water Events Database, Program for Water Conflict Management and Transformation, Dialogue Paper, Side Publications Series, Oregon State University, for From Potential Conflict to Cooperation Potential (UNESCO PCCP), The United Nations - World Water Assessment Program, Paris.

[3] Ce nombre inclut les 23 bassins mentionnés par Granados et al. (2000) et repris par tous les travaux ultérieurs, auxquels s’ajoute le bassin du fleuve Candelaria partagé entre le Mexique et le Guatemala, identifié par des études récentes comme un bassin distinct (Benítez, 2005). Granados C., Delgado Carrasco H., Hernández Ulate A. y Rodríguez Herrera E. (2000), Cuencas internacionales : conflictos y cooperación en Centroamérica, Funpadem, Fundación Ford, UCR, San José, Costa Rica. Benítez, Jorge A. (2005), “Sistema de información geográfica de la cuenca del río Candelaria”.

[4] Kauffer Michel Edith F. (Ed) (2005), El agua en la frontera México-Guatemala, Belice, El Colegio de la Frontera Sur, UNACH, RISAF, TNC, The David and Lucile Packard Foundation, 543 p.

[5] Bovin Philippe (coord.) (1997), Las Fronteras del Istmo : Fronteras y Sociedades entre el Sur de México y América Central, Mexico, CEMCA ; Medina Lucile (2004), Le dilemme des frontières en Amérique centrale, marges symboliques ou espaces en construction. Le cas des frontières Nicaragua-Costa Rica et Costa Rica-Panama, Thèse de géographie, dir. Alain Musset, Université Paris X-Nanterre.

[6] Altmann Borbón Josette et Beirute Brealey Tatiana (Ed.) (2011), América Latina y el Caribe : cooperación transfronteriza. De territorios de division a espacios de encuentros, Buenos Aires, Argentina, Editorial Teseo-FLACSO.

[7] Molle François (2006), « Planning and managing water resources at the river-basin level : Emergence and evolution of a concept ». Columbo : Sri Lanka : International Water Management Institute. (IWMI) Comprehensive Assessment Research Report 16, 42 p. ; Molle, F. (2009), « River-basin planning and management : the social life of a concept ». Geoforum, 40, pp. 484-494 ; Moore, A. (2008), « Rethinking scale as a geographical category : from analysis to practice ». Progress in Human Geography, 32, pp. 203-225.

[8] Lazega Emmanuel (1998), Réseaux sociaux et structures relationnelles, PUF, QSJ ? n°3399 ; Mercklé Pierre (2e ed. 2011), Sociologie des réseaux sociaux, La Découverte ; Degenne Alain et Forsé Michel (2e ed. 2004), Les réseaux sociaux, Armand Colin.

[9] Stéphane Ghiotti, membre du PICS, a notamment participé au programme RIPARIA : Conserver les Riparia grâce aux services écosystémiques transfrontaliers qu’ils délivrent : une analyse de la formation des régimes internationaux de l’eau douce, porté par Olivier Petit (CERSE, Université d’Artois), CPER 2011-2013.

Les collaborations entre les membres impliqués dans le projet sont engagées depuis 2010. Elles se sont structurées autour d’un premier programme de recherche auxquels plusieurs chercheurs membres du PICS ont participé, mais aussi d’un atelier et d’une publication commune. Par ailleurs, Tania Rodriguez, la doctorante du SEDET-Paris Diderot mentionnée, est co-dirigée par Lucile Medina.

Programme de recherche

Le PICS s’inscrit en complémentarité du programme « Conflictos y cooperación en cuencas transfronterizas del sur de México y de Centro América : dinámicas históricas y realidades contemporáneas », porté par Edith F. Kauffer Michel, co-porteur du PICS pour le Mexique, et financé par le CONACYT mexicain pour la période 2011-2015. Il mobilise déjà, outre des chercheurs mexicains, trois des participants français au présent projet : Lucile Medina (UMR ART-Dév), Carine Chavarochette (UMR CREDA-IHEAL) et Tania Rodriguez (doctorante, EA SEDET). Ce programme a été réorienté vers la dimension historique des dynamiques frontalières. Le PICS vient le compléter en se centrant sur la gestion actuelle des bassins transfrontaliers, sur les dynamiques de conflit mais aussi de coopérations émergentes entre des acteurs plus nombreux qu’auparavant.

Atelier bilatéral France-Mexique (appel CNRS-CONACYT)

Les deux porteurs du projet ont par ailleurs organisé conjointement un atelier franco-mexicain sur la question des bassins transfrontaliers en Mésoamérique : Atelier thématique bilatéral franco-mexicain tenu à Paris à l’Institut des Amériques du 16 au 18 janvier 2012. Cet événement a répondu à l’appel conjoint CNRS-CONACYT lancé en 2011 pour l’organisation d’ateliers. Il a réuni pendant trois jours 10 participants français, 10 mexicains (dont ceux impliqués dans le PICS) et 2 centraméricains (les deux impliqués dans le PICS). Stéphane Ghiotti (UMR ART-Dev) y a notamment participé pour apporter un éclairage sur les fondements et les enjeux de la gestion de l’eau par bassin. Le projet de PICS s’inscrit donc explicitement comme un prolongement de cet atelier, permettant d’approfondir la coopération entre chercheurs déjà mobilisés sur cet évènement.

Coordination d’un numéro de revue

Une publication commune a réuni en 2011 plusieurs chercheurs français, mexicains et centraméricains impliqués dans le projet de PICS. Il s’agit d’un numéro thématique de la revue Aqua-LAC (Journal of the International Hydrological Programme for Latin America and the Caribbean) de l’UNESCO, coordonné par le porteur mexicain du projet, Edith F. Kauffer Michel : « Las ciencias sociales y el agua », Aqua-LAC, Vol.3-n°2, septembre 2011. Plusieurs participants au projet ont collaboré à ce numéro : Medina Lucile, Rodriguez Tania, « Dinámicas de cooperación transfronteriza alrededor de la gestión ambiental de la Cuenca del Río Sixaola (Costa Rica/ Panamá) », p. 115-126 ; Nicolás Boeglin, « Open pit mining and environmental standarts in San Juan shared basin (Nicaragua-Costa Rica), from a legal perspective », p. 92-104.

Les résultats attendus, en terme de valorisation, sont des communications à colloque et des publications collectives en français, espagnol et anglais (ouvrages, numéros spéciaux de revues françaises, mexicaines et internationales, articles).

En termes d’apports à la recherche fondamentale, il s’agit de rassembler des données de base sur sept bassins versants transfrontaliers de Mésoamérique (statistiques, cartographie, bibliographie et enquêtes par entretiens) et de travailler à une analyse transversale.

Ce PICS entend aussi contribuer à la formation par la recherche : mémoires de Master et thèses seront encadrés en France et au Mexique pour contribuer et venir nourrir les questionnements du programme.

Les membres du PICS poursuivent également la possibilité d’énoncer des recommandations à l’attention des acteurs institutionnels en charge de ces questions. Le thème de la gestion des bassins transfrontaliers est en effet aujourd’hui fondamental en termes de politiques environnementales. La France possède en la matière une longue expérience, de telle sorte que le programme ne se propose pas uniquement de favoriser une discussion académique mais a aussi la prétention d’avoir un impact en matière de gestion environnementale sur ces bassins.

Coordinateurs du projet

  • Lucile MEDINA (Responsable PICS France), Edith
  • KAUFFER MICHEL (Responsable PICS Mexique)

Financement du projet

Programme International de Coopération Scientifique (PICS) 2013-2015

Membres ART-Dev impliqués

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., géographe, MCF, Université Montpellier III, UMR 5281 ART-Dev (spécialiste dynamiques frontalières centraméricaines) 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., géographe, CR, CNRS, UMR 5281 ART-Dev (spécialiste gestion de l’eau par bassins) 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., ingénieur cartographe, CNRS, UMR 5281 ART-Dev 
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., ingénieure statisticienne, CNRS, UMR 5281 ART-Dev

Partenaires en France

UMR 7227 CREDA - Centre de recherche et de documentation sur les Amériques, CNRS, Université Paris 3

  • Carine CHAVAROCHETTE, docteur en Anthropologie, chargée d’édition, chercheur associé (spécialiste des identités frontalières indigènes)

EA 4534 SEDET - Sociétés en développement, études transdisciplinaires, Université Paris 7 Diderot

  • Tania RODRIGUEZ, politiste, doctorante sous la direction de Laurent Faret et Lucile Medina (Dynamiques de conflits et de coopération autour de la gestion environnementale des bassins transfrontaliers centraméricains de Sixaola (Costa Rica/Panamá) et San Juan (Costa Rica/Nicaragua))

Partenaires à l’étranger

CIESAS - Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología – Sureste, Mexique

  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., docteur en Science Politique, chercheur (spécialiste de la gestion transfrontalière de l’eau et de la frontière sud du Mexique) 
  • Guadalupe SOLÍS, anthropologue, Master 2 CIESAS-Sureste, assistante de recherche

ECOSUR - El Colegio de la Frontera Sur, Mexique

  • Guadalupe ALVAREZ, docteur, chercheur (spécialiste de la gestion des risques et désastres naturels) 
  • Emmanuel VALENCIA, Ingénieur spécialisé en SIG

COLSAN - El Colegio de San Luís, Mexique

  • Germán SANTACRUZ DE LEÓN, docteur, chercheur (spécialiste étude socioenvironnementale des hydrosystèmes) 
  • Ludivina MEJÍA, doctorante

UCR - Universidad de Costa Rica

  • Boeglin NICOLAS, docteur en Droit Public, Professeur (spécialiste droit international de l’environnement et conflits frontaliers de souveraineté au Costa Rica)

PRISMA - Fundación Programa Salvadoreño de Investigación sobre Desarrollo y Medio Ambiente, El Salvador

  • José Elías ESCOBAR, chercheur, superviseur de projets de développement (spécialiste ressources naturelles et développement rural frontalier en Amérique centrale)
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (Responsable PICS France)
  • Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (Responsable PICS Mexique)