Salariés en emploi peu qualifié : quelles perspectives face à l’injonction de devenir acteur de leur parcours professionnel ?

2019-2023

L’équipe montpelliéraine :

  • Cyrille Ferraton, MCF en économie, ART-Dev, Chercheur associé Céreq
  • Stéphane Michun, ART-Dev, Ingénieur d’études Céreq

 

Le Céreq en partenariat avec six autres équipes de recherche mènera de 2019 à 2023 une recherche ANR intitulée SQUAPIN. ART-Dev fait partie du consortium qui s’attachera à analyser l’injonction de devenir acteur de son parcours professionnel qui pèse sur les salariés en emploi peu qualifié.

 

Plus de cinq millions de salariés occupent des emplois « non qualifiés » en France. Au cœur des mutations socio-productives, ils sont contraints de s’y adapter. Or, les voies pour sécuriser leur parcours professionnel sont loin d’être tracées alors qu’ils sont de plus en plus enjoints à en devenir les principaux acteurs. Cette injonction, portée par l’évolution des politiques publiques et du management de nombre d’entreprises, est érigée en pièce maîtresse de la sécurisation des parcours et de la performance des entreprises. Notre projet vise à interroger le rôle des entreprises dans les possibilités offertes aux salariés de se développer professionnellement. Pour y répondre, il adopte une ligne de recherche innovante articulant approche par les capacités, sociologie clinique et approche par les outils de gestion. L’originalité du projet repose aussi sur l’articulation entre une enquête longitudinale quantitative (le Dispositif d’information sur la Formation sur les Itinéraires des Salariés, DEFIS), des investigations complémentaires qualitatives dans quatre secteurs (logistique, aide à domicile, chimie et agro-alimentaire) sous la forme d’entretiens biographiques et une recherche-intervention. C’est dans cette intrication de cadres méthodologiques que le projet SQUAPIN entend développer une recherche innovante. L’approche se veut à la fois croisée (de nombreuses enquêtes seront menées auprès d’entreprises relevant de divers secteurs contrastés) et comparative (le pouvoir d’agir des salariés en emploi peu qualifié sera mis en regard de celui des salariés qualifiés). L’approche articule également différentes perspectives : institutionnelle (à travers la prise en compte des institutions qui encadrent le travail et la formation aux niveaux européen, national et sectoriel), organisationnelle (à travers l’analyse des configurations d’entreprise) et individuelle (à travers l’examen des parcours et des modes de perception de l’injonction à l’agir individuel). Elle interroge ainsi à diverses échelles les politiques et pratiques liées à cette injonction.

L’équipe de Montpellier intervient sur toutes les phases de ce projet. Elle est en outre responsable de l’analyse des contextes organisationnels où se déploie l’injonction à l’agir individuel et conduira les enquêtes auprès des professionnels de l’aide à domicile.  

Typologie des instruments politiques d'adaptation de l'agriculture au changement climatique

2019-2021

Marie Hrabanski

Le projet TYPOCLIM (Typologie des instruments politiques d'adaptation de l'agriculture au changement climatique) est un projet I-SITE MUSE. Ce projet interdisciplinaire est coordonné par Marie Hrabanski (Artdev, CIRAD) et porte sur l'analyse des instruments qui cherchent à promouvoir l'adaptation de l'agriculture au changement climatique. Le projet rassemble plus d'une trentaine de chercheurs issus  de plusieurs UMR montpelliéraines (UMR Artdev, Innovation, G-EAU , CEPEL, Hortsys, CEE-M) et Universités et centres de recherches internationaux (Université de Pretoria, Université de Rio et Brasilia, ISRA-Bame Sénégal, CIAT, Université de Davis, Université des Antilles). Le projet a commencé en janvier 2019 et se terminera en décembre 2021.
contact: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

https://typoclim.cirad.fr

Partenaires du projet : ARTDEV, INNOvation, G-EAU, Hortsys, CEPEL, CEE-M

Pour des nuits urbaines durables et inclusives

2018-2020

Dominique Crozat

Au cours des dernières décennies, un certain nombre de changements sociaux et politiques ont profondément modifié la fréquentation et le statut de la nuit urbaine dans la plupart des pays européens. Cela amène les scientifiques à parler d’une « nocturnalisation » progressive d'un nombre croissant de pratiques sociales et activités économiques pour cerner la transformation de la nuit, jadis un temps mort, en un espace-temps économiquement productif et socialement attirant. C’est aussi parce que, dans ce nouveau contexte, le développement d'une vie nocturne animée et dynamique est devenu pour beaucoup de villes une stratégie majeure d’attractivité et/ou de régénération urbaine.

Longtemps apanage des grandes capitales quand Londres et Paris se disputaient le titre de « Ville lumière », la vie nocturne est devenue à la fin du 20e siècle, un élément important de l'économie urbaine et un facteur séduisant pour les touristes, les étudiants et l'attraction de nouveaux résidents de la plupart des métropoles régionales du continent. De fait, au début du siècle dernier, la vie nocturne ne concerne que quelques quartiers mythiques, Pigalle ou Alexanderplatz, et des populations peu nombreuses : d’un côté les élites sociales, culturelles et économiques, de l’autre le bas de l’échelle sociale, souvent des marginaux. Même si la concentration spatiale permet parfois à ces deux extrêmes de se rencontrer, pour le reste de la population la sortie nocturne reste exceptionnelle et se limite alors au samedi soir.

 

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Projets pour le littoral

2018-2020

Alexandre Brun

voir le site dédié

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Tout l’enjeu pour la gouvernance locale consiste à mieux prendre en compte l’évolution du trait de côte dans les politiques publiques, de faire des choix d’urbanisme adaptés et cohérents et de prévoir sur le long terme les conséquences de ces choix (ONERC, 2015). Il est ainsi question de relocaliser une partie des enjeux à l’écart des zones les plus exposées au risque de submersion marine.

Air climat santé société et Art » (ACS&ART)

2017-2019

Mohamed Djouldem

Le projet « Air climat santé société et Art » (ACS&ART) en réponse à un double déficit national de mobilisation citoyenne et d'efficacité des politiques publiques sur l'air.

Ce projet en Recherche Action Participative vise à analyser la fabrique dite participative des politiques publiques en faveur de l’air notamment via l’analyse des Plans Climat Air Energie Territoriaux. Il vise à faciliter les modalités d’administration des politiques publiques à l’échelle des territoires en prenant en compte de manière systémique l’ensemble des enjeux environnementaux et sociaux à l’aide d’un outil citoyen participatif « artivistes atelier ». 

Gesteau Litto

Gérer l’eau et les territoires sur un littoral lagunaire Approche comparée des étangs littoraux de Biguglia (Corse) et de l’Or (Occitanie).

2018-2019

Stéphane Ghiotti

Les lagunes méditerranéennes françaises sont des territoires spécifiques confrontés à des enjeux stratégiques en termes d’aménagement du territoire et de protection de l’environnement. Ces enjeux articulent plusieurs problématiques, environnementales (continentales, lacustres, marines), institutionnelles avec obligation de résultats (GIRE, GIZC, LEMA, multiples directives européennes) et politiques avec les différentes réformes territoriales (intercommunalités, décentralisation) (Ghiotti, 2014). Aux risques d’inondations, de submersion marine, de pollutions s’ajoutent les menaces sur la biodiversité, la nécessaire reconquête des continuités écologiques et du fonctionnement hydro-morphologique des cours d’eau littoraux. Or l’urbanisation rapide et la mise en tourisme soutiennent les logiques de développement économique et résidentiel augmentant la pression sur les milieux.

TRANSMEDIA

Les nouveaux modèles de l’économie du partage : le secteur de l’audiovisuel

1/03/2018 au 1/03/2021

Cyril Ferraton

logo FeesSpecialesLe projet porte sur les nouveaux modèles économiques de la production culturelle, en particulier dans le secteur de la production audiovisuelle, qui est aujourd'hui créateur net d'emplois salariés en France. Nous recherchons à définir les principes des nouvelles activités économiques dans ce secteur à travers le financement, la gouvernance, la production et la distribution de créations transmédias réalisées à partir de logiciels libres.

 

La Scop Les Fées Spéciales, partenaire du projet, fabrique ses films d’animation à partir de logiciels libres. En développant des programmes transmédias innovants, la Scop Les Fées Spéciales offre un terrain d’expérimentation et d’étude aux deux laboratoires (RIRRA 21 et ART-Dev) impliqués dans le programme de recherche : l'analyse des nouvelles propostions de création et du renouvellementde la circulation des oeuvres pour RIRRA21, celle des initiatives de l’économie du partage, de l’économie sociale et solidaire et de l’innovation sociale pour ART-Dev.

Le projet prévoit aussi d’enquêter sur d’autres initiatives de l’économie du partage et de l’économie sociale et solidaire1 reposant sur les plateformes numériques et les logiciels libres. L’objectif est d’identifier des modèles économiques innovants relevant de l’économie du partage.

Quels littoraux pour demain ?

2019-2021

Stéphane Ghiotti

L’objectif de cette recherche est d’analyser les projets de restauration des socio-éco-systèmes lagunaires du littoral méditerranéen à partir d’une approche établie sur l’étude de services environnementaux. Il s’agira d’interroger les liens entre gouvernances territoriale et environnementale en analysant la place de ces complexes lagunaires au sein des projets et stratégies des acteurs du territoire. La problématique est de savoir si l’approche en termes de services environnementaux est susceptible de créer les conditions d’une bifurcation dans les stratégies d’aménagement et de développement des territoires littoraux. Ces derniers sont marqués par des processus d’urbanisation et d’anthropisation multiples, facteurs de dégradation morphologique et qualitative altérant le fonctionnement de leurs zones humides. L’hypothèse principale retenue est que les mécanismes de compensation écologique dans le cadre de la séquence « éviter, réduire, compenser » (E-R-C) et la mobilisation d’un nouveau référentiel, « l’espace de bon fonctionnement » (EBF), sont des facteurs de changement. Quelles fonctions, pour quels services, pour quels projets de territoire ?

Les lagunes des étangs palavasiens, de l’Or (Occitanie) et de Biguglia (Corse) permettront de dresser un état des lieux comparatifs des projets de restauration, d’identifier leur caractéristiques et objectifs afin de dresser une typologie situant la place des milieux lagunaires au sein des projets de territoire.

DYCOFEL

Interdépendances Hommes-Nature : analyse DYnamique des changements d’usages COnchylicoles sur le Fonctionnement des Ecosystèmes Littoraux

2015-2018

Les territoires littoraux français sont des espaces emblématiques des questionnements sur les relations entre les sociétés et leur environnement naturel. Zones d’intérêts écologiques, socio-économiques ou encore culturels et patrimoniaux, ils font l’objet de constantes évolutions à différentes échelles spatio-temporelles en lien avec des pressions d’origines multiples. A partir d’une étude de cas (bassin de Marennes-Oléron en Charente-Maritime) interrogeant les effets des changements d’usages conchylicoles sur le fonctionnement des écosystèmes littoraux, ce projet vise à établir une démarche de recherche innovante et transdisciplinaire pour caractériser les interdépendances Homme-Nature en milieu littoral. Les connaissances en écologie et écophysiologie accumulées au cours des trente dernières années sur la zone d’étude retenue ont démontré le rôle majeur de cet écosystème dans la production des ressources trophiques (les microalgues) à la base du développement considérable de l’activité conchylicole. Toutefois, la mise à jour d’une relation entre le fonctionnement d’un compartiment de l’écosystème et le développement de la conchyliculture n’est qu’une étape dans la compréhension des interactions entre l’Homme et son milieu. L’hypothèse à la base de ce projet consiste à envisager l’existence d’effets de rétroaction entre les pratiques conchylicoles mises en œuvre sur le bassin de Marennes-Oléron et la production de microalgues dans le milieu. Nous posons cette hypothèse dans une perspective dynamique, dans le but : i) de prendre en considération les évolutions des pratiques conchylicoles depuis l’avènement de la conchyliculture moderne dans les années 1950, en lien avec les transformations de la filière économique et les spécificités territoriales ; ii) d’interroger les incidences de ces évolutions du point de vue de l’emprise spatiale et des usages de la zone littorale par les conchyliculteurs (techniques d’élevage, chargement des parcs ostréicoles, etc.) ; iii) de mettre en relation ces changements de pratiques avec des évolutions de quantités et de production de microalgues observées par images satellitaires au cours des trente dernières années. Cette approche visant à comprendre l’évolution de l’écosystème littoral à travers l’étude des dynamiques spatio-temporelles de la conchyliculture représente une véritable originalité scientifique. Afin d’articuler les différentes dimensions du système étudié, elle s’appuie sur les apports de plusieurs disciplines : économie, géographie, histoire, écologie, écophysiologie. Elle s’appuie également sur différents acteurs, autres que les chercheurs, tels que les gestionnaires locaux et les professionnels de la conchyliculture. Ces derniers sont particulièrement impliqués dans le processus. Sur le plan scientifique, ce projet s’entend nourrir les réflexions en cours sur les rapports Homme-Nature en insistant sur les dimensions de coévolution. Sur le plan empirique, les résultats attendus devraient alimenter les dispositifs de gouvernance du territoire, en particulier les dispositifs dédiés à la conchyliculture en quête de lectures dynamiques des effets exercés par la profession sur les ressources naturelles.

Les territoires littoraux sont des espaces emblématiques des questionnements sur les relations entre les sociétés et leur environnement naturel. Ils sont en constante évolution, à différentes échelles spatio-temporelles, en lien avec des pressions d’origines naturelles ou anthropiques. Dans ce cadre évolutif, la nécessité d’articuler des enjeux en termes de préservation de l’environnement, de maintien ou de déploiement des activités économiques, de gestion de l’attractivité résidentielle et de l’urbanisation croissante, de régulation des inégalités environnementales, implique de prendre en compte des interactions plurielles et renforce l’intérêt de porter attention à ces espaces dans une perspective pluridisciplinaire. Cette dernière se révèle essentielle pour approcher la complexité des processus à l’œuvre. Dès lors, la compréhension des interdépendances Homme-Nature ne peut s’envisager qu’à partir d’une connaissance très fine, d’une part du fonctionnement des écosystèmes et des services rendus ou susceptibles d’être rendus par ceux-ci aux sociétés, d’autre part des pressions exercées par les sociétés sur l’écosystème, enfin des dynamiques de coévolution. La mise à jour de ces liens de réciprocité doit permettre : i) d’accompagner les choix d’orientations visant à un équilibre raisonné entre les usages et le potentiel de l’écosystème ; ii) d’anticiper l’impact des risques environnementaux et anthropiques sur les pertes potentielles de services écosystémiques pour les sociétés concernées. 
Le présent projet s’entend participer à ce défi sociétal et scientifique d’envergure, en s’intéressant à l’un des territoires littoraux représentatifs, au niveau national, des enjeux complexes précédemment évoqués : le bassin de Marennes-Oléron (Charente-Maritime). Fortement anthropisé, le bassin de Marennes-Oléron concentre de nombreuses activités plus ou moins complémentaires ou conflictuelles, parmi lesquelles l’agriculture, la pêche professionnelle et récréative, le tourisme, la plaisance, les activités résidentielles et la conchyliculture. Cette dernière fait figure d’activité structurante à plusieurs titres. Avec un chiffre d’affaires estimé à plus de 300 millions d’euros, la conchyliculture est un acteur phare du dynamisme économique local. La Charente-Maritime est en effet le premier pôle conchylicole français en termes de surface et d’emplois (Girard et al., 2009). Elle accueille le plus grand nombre d’entreprises conchylicoles en France (le tiers de l’ensemble des entreprises conchylicoles nationales), dont 80% sont localisées dans le bassin de Marennes-Oléron. En outre, ce territoire est le premier pôle de commercialisation européen de l’huître creuse. L’ostréiculture est d’ailleurs l’activité largement dominante puisqu’elle concerne 90% des exploitations conchylicoles charentaises (CRC Poitou-Charentes, 2012). Les raisons de cette importance sont en partie historiques, l’exploitation réglementée des huîtres et la structuration de l’activité sur ce territoire remontant au 18ème siècle. Elles sont également liées à la pratique très particulière de l’affinage en claires qui a donné lieu à l’obtention de l’Indication Géographique Protégée « Marennes-Oléron » et de deux « Labels Rouges » assurant la notoriété de la production ostréicole au niveau national et international, et renforçant les dimensions patrimoniales et identitaires associées à la conchyliculture (Bérard et al., 2008). 
Néanmoins, les éléments évoqués ci-dessus ne suffisent pas pour comprendre le succès de la conchyliculture charentaise. Celui-ci tient également aux caractéristiques physico-chimiques et biologiques du bassin de Marennes-Oléron. L’importance de la production conchylicole est étroitement liée à la très forte productivité des ressources trophiques, notamment des producteurs primaires microscopiques que sont les microalgues benthiques (qui se développent à la surface du sédiment). Les travaux menés sur cet écosystème au cours des trente dernières années ont démontré que ces microalgues constituent la moitié de la ressource trophique des huîtres (Riera & Richard, 1996). Les microalgues benthiques jouent donc un rôle fondamental dans le développement des filières conchylicoles sur les littoraux européens et a fortiori français. 
La production de microalgues est considérablement élevée en raison :

  • i) de la taille très fines des particules du sédiment (i.e. vases), et de ses paramètres abiotiques (pénétration de la lumière, teneur en sels nutritifs, etc.) ; 
  • ii) de la capacité de déplacement des microalgues à la surface du sédiment (formation d’un biofilm) leur permettant d’emmagasiner l’énergie nécessaire à leur production (photosynthèse) ; 
  • iii) et de leur remise en suspension régulière par les marées. La remise en suspension à chaque marée montante d’une partie du biofilm libère de l’espace pour le développement de nouvelles microalgues lors de la marée basse suivante et ainsi de suite. Ce phénomène est à l’origine de la stimulation renouvelée et continue de la production des microalgues, faisant ainsi des vasières littorales l’un des habitats les plus productifs de la planète.

Si les connaissances en écologie ont montré le rôle majeur des vasières via la production de microalgues pour le développement de l’activité conchylicole, la mise à jour d’une relation entre le fonctionnement d’un compartiment de l’écosystème et le développement de la conchyliculture n’est toutefois qu’une étape dans la compréhension des interactions entre l’Homme et son milieu. Ce projet vise à déterminer les effets de rétroaction entre les pratiques conchylicoles et la production de microalgues. En effet, les coquillages en tant qu’organismes, mais aussi les pratiques des conchyliculteurs peuvent affecter la production des microalgues. Or, les connaissances restent encore très limitées sur ces potentiels effets de rétroaction sur la production et la disponibilité des ressources trophiques. A cet égard, ce projet présente une véritable originalité.
L’originalité de ce projet repose également sur l’élaboration d’une démarche transdisciplinaire impliquant économistes, géographes, historiens, écologues et écophysiologistes. 
Elle tient enfin au développement d’une approche dynamique. Le traitement récent d’images satellitaires du bassin de Marennes-Oléron a permis d’établir des cartographies de biomasses de microalgues benthiques. Ces cartes rendent compte de variations importantes sur la zone d’étude entre 1995 et 2012. 
Si l’on doit considérer ces premières analyses avec prudence, du fait notamment d’une certaine variabilité journalière et saisonnière liée aux facteurs environnementaux, il semble intéressant de comprendre les raisons de ces changements. Pour cela, il convient :

  1. de prendre en considération les évolutions des pratiques conchylicoles depuis l’avènement de la conchyliculture moderne dans les années 1950, en lien avec les transformations de la filière économique et les spécificités territoriales tenant à la variété des acteurs présents sur la zone côtière ; 
  2. d’interroger les incidences de ces évolutions au niveau spatial en termes d’usage du littoral ; 
  3. et de mettre en relation ces changements de pratiques avec des évolutions de biomasse et de production de microalgues observées par images satellitaires au cours des trente dernières années. 

La finalité de ce projet est de caractériser l’influence des dynamiques spatio-temporelles de l’activité conchylicole sur la quantité et la production des microalgues benthiques, dont on le sait, une partie est utilisée par les coquillages. L’étude de ces interactions dynamiques, envisagée comme une étape supplémentaire dans l’analyse plus large des interdépendances Homme-Nature dans le bassin de Marennes-Oléron, est nécessaire pour être en mesure de déterminer la part des évolutions de ressources trophiques due aux changements de pratiques des conchyliculteurs. De cette manière il sera possible de comparer celle-ci à la part des évolutions liées aux changements engendrés par les variations des paramètres environnementaux (i.e. lumière, température, taille des particules sédimentaires). 
Le projet sera construit en trois axes interdépendants, bien que comportant chacun des objectifs propres : 

  • Un premier axe visant à mieux comprendre les évolutions des usages conchylicoles dans la baie de Marennes-Oléron. L’analyse sera réalisée à l’échelle des trente dernières années, période au cours de laquelle la filière conchylicole a connu de nombreuses crises. 
  • Un second axe visant à définir les variations de la quantité de ressource trophique (microalgues) disponibles dans le temps et dans l’espace au cours de la même période. Cet axe s’attachera à déterminer le lien entre ces changements et les paramètres environnementaux, sur les plans intra- et interannuels. 
  • Un troisième axe ayant pour objectif de croiser les résultats obtenus dans les deux premiers axes. L’identification de l’effet des pratiques conchylicoles sur la disponibilité des microalgues permettra de définir des recommandations visant à favoriser une rétroaction positive de la conchyliculture sur la disponibilité des ressources trophiques.
  • ART-Dev Acteurs, Ressources et Territoires dans le Développement
    UMR 5281 CNRS – Univ. Montpellier 3 – CIRAD – Univ. Montpellier 
    - Audrey Rivaud, MCF (responsable du projet), Economiste
    Environnement, coordination autour des ressources communes, conflits d’usage

CRiHAM Centre de Recherche Interdisciplinaire, Histoire, Histoire de l’Art et Musicologie, EA 4270, Univ. Poitiers
- Thierry Sauzeau, MCF HDR Historien 
Histoire des sociétés littorales des Pertuis charentais, conflits pêche/ostréiculture

LIENSs Littoral, Environnement et Sociétés, UMR 7266 Univ. La Rochelle - CNRS
- Johann Lavaud, CR CNRS Ecophysiologiste 
Ecophysiologie et biodiversité des microalgues marines/production primaire littorale 
- Benoit Lebreton, MCF Chaire CNRS Ecologue 
Structure et fonctionnement des réseaux trophiques littoraux, flux de matière
- Nicolas Bécu, CR CNRS Géographe
Gestion participative des ressources naturelles, modélisation d’accompagnement

IFREMER Institut Français de Recherche sur l’exploitation de la Mer
- Jean Prou, Directeur de la station IFREMER de La Tremblade Sciences de l’environnement
Capacité trophique des écosystèmes conchylicoles, gestion de l’eau, intégration des savoirs empiriques et scientifiques dans la gouvernance de la 

MMS Mer, Molécules, Santé, EA 2160 Univ. Nantesr
- Vona Méléder, MCF Ecologue 
Ecologie et biodiversité des microalgues, cartographie par télédétection satellitaire
- Pierre Gernez, MCF Ecologue
Ecosystèmes côtiers et estuariens, télédétection de la couleur de l’océan
- Bruno Jesus, MCF Ecophysiologiste
Ecophysiologie du microphytobenthos
- Laurent Barillé, PR Ecologuer
Ecologie des huîtres, production ostréicole

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