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Dernière mise à jour : 25 avril 2017


Axes de recherche

Axe 2 - Ressources naturelles et régulation environnementale​

Responsables : Marie-Hélène DABAT (CIRAD), Stéphane GHIOTTI (CNRS), Francesco RICCI (Univ. Montpellier)

Membres : Alix AUDURIER-CROS, géographe (ENSAM) - Alexandre BRUN, géographe(Univ. Montpellier III) Dorothée CHARLIER (Univ. Montpellier) - Mohamed DJOULDEM (Univ. Montpellier III) - Ludivine ELOY, géographe (CNRS) - Stéphane GHIOTTI, géographe (CNRS) - Thierry Giordano (CIRAD) - Thierry LINCK (INRA) - Jacques MARZIN (CIRAD) - Jacques PERCEBOIS, économiste (Univ. Montpellier) - Christian PONCET, économiste (Univ. Montpellier) - Audrey RIVAUD (Univ. Montpellier III) - Sylvain RODE (Univ. Perpignan) - Julie TROTTIER, sciences politiques (CNRS) - Geert VAN VLIET, économiste (CIRAD).

Cet axe interroge le rôle joué par les ressources naturelles dans la recomposition des organisations, des réseaux d’acteurs et des espaces. La ressource naturelle est ici appréhendée comme une co-production de l’ordre naturel et de l’ordre social. En effet, la valeur qu’on lui accorde, les usages que l’on juge acceptables, le mode de gestion que l’on considère optimal relèvent tous à la fois de sa matérialité, de notre compréhension de cette matérialité au sein de l’environnement et des interactions sociales qui se nouent à leur sujet (Jasanoff, 2004)[1]. Nous nous intéresserons plus particulièrement aux processus conduisant à la mise en place de régulations publiques qui déterminent les conditions d’accès, d’appropriation et d’utilisation des ressources naturelles. La nature localisée de ces ressources souligne le rôle des différents acteurs et autorités qui contrôlent le territoire, ce qui conduit le géographe, l’économiste et le politiste à comprendre le « système-ressource » (Maillefert et al., 2011)[2]. Celui-ci est défini comme l’ensemble des processus de conservation et transformation de ressources, des infrastructures et espaces associés, des dynamiques sociales et de régulation. Il s’agit donc d’éclairer la manière dont l’interaction entre institutions politiques et économiques change le système-ressource par le biais les politiques publiques territorialisées que ces institutions produisent. L’hypothèse partagée est celle de la complémentarité entre ces institutions (Acemoglu et Robinson, 2013)[3], rendant possible des basculements liés à l’émergence de nouvelles formes d’utilisation de ressources. De tels basculements résultent à la fois de l’affirmation progressive de « nouveaux » groupes d’acteurs au sein du jeu politique influant sur les institutions économiques, ainsi que par l’émergence d’opportunités économiques en rapport avec les évolutions technologiques ou des marchés internationaux. Les travaux contribueront donc à identifier des moments critiques (critical junctures), lorsque des acteurs « centraux » disposent de marges autonomes d’action pouvant modifier la trajectoire du système-ressource au sein d’un territoire donné. Une compréhension approfondie de ces processus sera susceptible d’éclairer le débat public, au-delà de la sphère scientifique, sur l’opportunité d’appuyer par la politique publique une transition énergétique d’envergure et, plus généralement, une évolution des structures de production et de consommation vers un modèle à faible empreinte environnementale.

Les recherches se déclineront en trois thèmes.

Des règles à la rente, de la rente aux règles L’ensemble de règles déterminant l’utilisation d’une ressource implique une répartition des gains et pertes, pour partie monétaires, qui se concentrent sur des acteurs situés. La répartition de cette rente (entre l’industrie, les autorités publiques, etc.) résulte des institutions politiques et économiques définissant l’autonomie de chaque acteur (définition et respect des droits de propriété, maîtrise de technologies, de capitaux ou de l’organisation du cycle productif et de distribution...). A partir d’une approche « trans-ressource » (plantes, eau, gaz, pétrole, minerais, etc.), il s’agit de comprendre les formes d’émergence et d’évolution de ces règles, en étudiant la manière dont la répartition de la rente générée par l’utilisation de la ressource influence l’adoption, la persistance ou la remise en cause de règles et des pratiques. L’influence des instruments de réglementation environnementale sur les pratiques agricoles et la protection de la biodiversité sera plus spécifiquement analysée.

Appropriation et gestion des ressources en eau L’objectif est d’analyser les relations de pouvoir territorialisées dans la gestion des ressources en eau qui passent par la mise en œuvre de politiques environnementales à différentes échelles spatiales et par des acteurs multiples (collectivités territoriales, entreprises privés, acteurs sectoriels, etc.). Il s’agira de voir comment les modes de gestion, résultant de compromis et rapports de force, affectent les intérêts des divers acteurs impliqués, à différentes échelles temporelles et spatiales. La gestion de l’eau étant inéluctablement à celle de la terre, nous intégrons également à l’analyse les questions de tenure foncière et les nouvelles dynamiques d’accès à la terre. Enfin, l’approche par le patrimoine et la solidarité écologique sera mobilisée pour éclairer les interactions entre acteurs partageant des ressources communes, notamment dans les bassins aquifères.

Technologie et énergie face aux enjeux de la transition L’utilisation de ressources naturelles et la protection de l’environnement contribuent à structurer le territoire à long terme. Nous analyserons les facteurs déterminant l’introduction et adoption de nouvelles technologies liées à l’utilisation de sources d’énergie et les investissements en biens d’équipement les incorporant. Nous ciblerons en particulier la consommation énergétique du bâti résidentiel, ou encore celle liée à l’exploitation des gaz de schistes. En lien avec les stratégies de développement, nous questionnerons la pertinence de filières alternatives et de politiques les promouvant, comme dans le cas des biocarburants (filières courtes plutôt que longues), et plus largement des politiques axées sur l’efficacité énergétique comme moyen de réconcilier lutte contre le réchauffement climatique et développement économique.

[1] Jasanoff, Sheila (ed.) (2004). States of Knowledge : The Co-Production of Science and Social Order. Routledge, 317 p.

[2] Maillefert M., Petit O., Rousseau S. (Dir), 2011, Ressources, Patrimoine, Territoires et Développement Durable, Edtions Peter Lang, 281p.

[3] Acemoglu, D. et J.A. Robinson (2013) Why nations fail : The origins of power, prosperity and poverty, Crown Business, New York.