Kévin Mary (Université Perpignan Via-Domitia) coordonne avec Hicham Jamid, Lama Kabbanji et Antonina Levatino le volume 180 (2020) de la revue Migration Société. Ils cosignent également l'article "Les migrations pour études au prisme des mobilités sociales" en pages 19 à 35.

Les migrations étudiantes se déploient aujourd’hui selon des modalités liées aux dynamiques récentes de la mondialisation néolibérale, au développement

d’un marché du travail toujours plus tertiarisé et à la place qu’y tiennent désormais les étrangers. Les étudiants  internationaux, dans ce qui est devenu un marché très stratifié et relativement complexe de l’enseignement supérieur mondial, forment néanmoins une population socialement hétérogène.

En remettant la classe sociale au centre de l’analyse, ce dossier vise à rendre compte de la diversité de leurs trajectoires et de repenser l’articulation entre les études supérieures, la mobilité géographique et la mobilité sociale. En s’inscrivant dans le cadre des réflexions menées depuis 2016 par le collectif de chercheurs MobElites, il a pour objectif de montrer comment et jusqu’à quel point les migrations pour études peuvent générer, ou non, une mobilité sociale et, à un autre niveau, reproduire ou engendrer de nouvelles inégalités pendant, mais aussi après les études. Ce faisant, ce dossier interroge les inégalités liées à la globalisation, en multipliant les approches disciplinaires et théoriques, et à travers des terrains et des méthodologies variés.

 

Dans ce même numéro Kévin Mary signe également l'article "(Re)penser les liens entre catégories sociales et migrations pour études au Sud" en pages 65 à 81.

 

Résumé :

Cet article propose une réflexion méthodologique sur les catégories sociales dans les pays du Sud et en particulier dans les contextes africains. Il plaide pour des formes d’innovations méthodologiques mieux à même de permettre de comprendre certains ressorts fondamentaux de la migration pour études. Par la critique des catégories officielles, l’article indique que les avancées des travaux de nature ethnographique peuvent être mobilisées par les chercheurs pour (re)construire des typologies mieux ancrées dans les réalités socio-économiques des pays en développement. Le cas des élites maliennes ici développé montre que les migrations pour études s’insèrent pleinement dans des modes de vie tournés vers l’extérieur, où la réussite sociale s’affiche par la possession de biens emblématiques et d’agréments de luxe dont les études à l’étranger constituent l’un des éléments centraux.

 

Migrations Société 2020/2 (N° 180)

Pages : 174

Éditeur : Centre d'Information et d'Etudes sur les Migrations Internationales

 


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18 mai 2021